Les privilèges en prison de l'ex-policier Serge Lefebvre révoqués

La Commission des libérations conditionnelles vient de révoquer... (Photothèque Le Soleil, Yan Doublet)

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La Commission des libérations conditionnelles vient de révoquer tous les privilèges dont bénéficiait l'ancien policier Serge Lefebvre, 67 ans, devenu célèbre pour l'assassinat de deux collègues en 1985.

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(Québec) La Commission des libérations conditionnelles vient de révoquer tous les privilèges dont bénéficiait l'ancien policier Serge Lefebvre, 67 ans, devenu célèbre pour l'assassinat de deux collègues en 1985. À 67 ans, il pourrait finir ses jours derrière les barreaux où, à moins d'un revirement, il devra purger sa peine à perpétuité.

Le récent dérapage de Serge Lefebvre, après environ 10 ans de liberté, lui coûtera donc cher. Pourtant, tandis qu'il replongeait dans sa carrière criminelle, il était tout à fait en mesure de soupeser les lourdes conséquences de ses actes, apprend-on à la lecture d'une décision rendue il y a quelques jours par la Commission des libérations conditionnelles, que Le Soleil a obtenue. Mais il semble que les démons de l'ex-agent de police de Sainte-Foy aient eu le dessus sur sa raison.

Des pulsions irrépressibles l'ont ainsi conduit à s'introduire par effraction dans divers commerces de son quartier en 2011 et 2012. Arrêté en octobre dernier, il a plaidé coupable et a été condamné à trois ans de pénitencier. Il vient toutefois d'apprendre qu'il sera à l'ombre plus longtemps encore.

Un malheureux échec pour le détenu modèle qu'on croyait réhabilité. En 2001, lorsqu'il a demandé une libération partielle, des employés des services correctionnels avaient même déclaré au tribunal que Lefebvre était presque un collègue, un ami. Le risque de récidive étant jugé presque nul, il avait réussi à convaincre la Cour de lui permettre de demander une relaxation avant terme. Initialement fixée à 25 ans, son admissibilité à une libération conditionnelle avait été devancée à 17 ans.

En société, l'homme était tout aussi «parfait». «Tout comme en cours d'incarcération, votre comportement en communauté a été qualifié d'irréprochable», remarquent les deux membres de la Commission qui viennent de juger l'ancien policier.

Une force occulte sommeillait. Au cours de ses virées nocturnes, Serge Lefebvre ne volait souvent pas grand-chose dans les commerces, s'emparant de quelques babioles. En fait, sa chasse au trésor était très ciblée : «Vous avez expliqué avoir commencé à voler des objets féminins pour vous stimuler sexuellement. [...] À l'instar des vols que vous commettiez à l'époque, les délits actuels revêtent également une connotation de fétichisme.»

En 1985 et 1986, le sergent Lefebvre avait avoué de 200 à 300 vols par effraction commis alors qu'il était en service. Ces délits servaient de soupape à cet être troublé, psychotique. «Les nombreux gestes de criminalité que vous avez commis pendant que vous étiez policier répondaient moins à une motivation acquisitive qu'à un besoin de libérer par le fétichisme et la masturbation les tensions intérieures qui vous étaient de plus en plus insupportables», selon de précédents rapports d'évaluation du criminel. «C'est pendant cette activité fétichiste que vous avez été surpris par deux collègues de la police de la Ville de Québec et, paniqué, avez réagi en les assassinant.»

Les professionnels qui tentent aujourd'hui de décortiquer son âme prescrivent une nouvelle expertise psychologique, psychiatrique et sexologique. «[Votre équipe de gestion de cas] est de plus d'avis que la pulsion sexuelle dont vous étiez la proie devait être extrêmement puissante étant donné que vous étiez parfaitement conscient de l'onde de choc qui résulterait de quelques faux pas de votre part, entre autres au niveau familial», observe la Commission des libérations conditionnelles.

Aucun suivi psychologique

Lorsque Serge Lefebvre avait été libéré, aucun suivi psychologique ne lui avait été imposé. On lui suggérait néanmoins fortement de rencontrer «un professionnel si des difficultés sur le plan émotionnel survenaient». Il n'aurait toutefois pas eu le courage d'avouer sa rechute : «Vous avez dit avoir été incapable de parler de ces pulsions avec votre épouse ou avec votre agent de libération conditionnelle, considérant la honte que vous en ressentiez.» Ses proches demeurent néanmoins à ses côtés : «Vous bénéficiez toujours du soutien de votre conjointe et de vos enfants.»

Lorsqu'il a encaissé sa nouvelle condamnation, fin 2012, le policier déchu a affirmé vouloir se «faire soigner». Pour l'heure, des professionnels tentent plutôt de lui ouvrir les yeux sur son avenir : «Vous vous dites inquiet relativement à votre retour en incarcération considérant que vous avez vécu une dizaine d'années en libération conditionnelle totale. Les services de psychologie s'activent actuellement à vous aider à faire face à cette réalité.»

Car il devrait séjourner dans les murs un moment : «La Commission constate que vous avez été arrêté pour une série d'introductions par effraction et vous avez depuis plaidé coupable à toutes les accusations, ce qui confirme que vous êtes de retour dans votre cycle criminel. [...] La dernière fois que vous étiez pour être arrêté en lien avec ce type d'infractions, vous avez abattu deux confrères policiers dans l'exercice de leurs fonctions, alors que vous étiez en train de commettre un vol. Conséquemment, la Commission révoque votre libération conditionnelle totale puisqu'elle est convaincue qu'une récidive de votre part, avant l'expiration légale de votre peine, présentera un risque inacceptable pour la société.»

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