Complot pour meurtre: les adolescents détenus chez leurs parents

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Les trois adolescents ont plusieurs conditions à respecter, dont celle de ne pas se présenter à l'école Le Sommet.

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Dominique Hardy

(Québec) En raison de la gravité des accusations, les trois adolescents de l'école Le Sommet soupçonnés de complot pour meurtre demeurent détenus, mais sont confiés à leurs parents.

La juge Judith Landry de la Chambre de la jeunesse a rendu sa décision, mardi après-midi, au palais de justice de Québec. Les trois adolescents, deux garçons et une fille âgés entre 14 et 16 ans, accusés de complot pour meurtre à l'endroit du personnel et des élèves de l'école Le Sommet dans l'arrondissement Charlesbourg, demeurent détenus à la maison d'ici la fin des procédures judiciaires.

Cette détention provisoire est justifiée, estime la juge Judith Landry en raison de la gravité des accusations. «La prudence s'impose», a-t-elle ajouté. Cette détention par les parents est une disposition prévue à la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents (LSJPA) soit l'article 31 selon lequel les enfants ou les adolescents sont confiés à leurs parents ou à une tierce personne au lieu d'être gardés en centre jeunesse.

Au sens de la loi, ils demeurent donc détenus, mais leur prison sera la résidence de leurs parents. «[...] Ils sont dignes de confiance», a souligné la juge en parlant des parents des trois jeunes. Ces derniers devront demeurer à domicile 24 heures sur 24 sauf pour fréquenter un établissement scolaire. Ils devront être accompagnés de leurs parents à tout moment s'ils sortent de la résidence.

Déjà, la commission scolaire des Premières-Seigneuries a fait savoir que les élèves auront droit à l'enseignement à domicile. «Ça nous arrive de le faire pour des enfants malades, explique le secrétaire général, Jean-François Parent. D'ici la fin des procédures judiciaires, un certain nombre d'heures par semaine sera débloqué pour des matières de base liées à la diplomation comme le français et les mathématiques.»

Quant à savoir s'il est vrai que les accusés auraient élaboré ce plan parce qu'ils étaient victimes d'intimidation, M. Parent ne pouvait en dire plus. «C'est possible, mais pour intervenir, il faut que ça soit porté à notre connaissance. Et on n'a jamais rien eu en ce sens-là.»

Les adolescents ont plusieurs conditions à respecter, dont celle de ne pas se présenter à l'école Le Sommet ni sur ses terrains. Ils n'ont pas le droit non plus d'utiliser un ordinateur ni de naviguer sur Internet sauf pour des fins scolaires et en la présence de leurs parents. Il leur est aussi interdit de posséder un téléphone cellulaire et ils ne peuvent pas communiquer entre eux. Si les adolescents ne respectent pas ces conditions, leurs parents ont l'obligation de les dénoncer à la police.

«C'est une demi-victoire pour nous», a laissé savoir Me Fabien Jean, qui représente l'un des adolescents. «On aurait voulu qu'ils soient remis en liberté sans conditions. [...] Leurs parents ont un double rôle. Ils sont parents et ils sont aussi geôliers de leurs adolescents.»

Rappelons qu'à ce stade-ci des procédures, les éléments de preuve dans ce dossier sont frappés d'une ordonnance de non-publication. Toutefois, lors de l'arrestation, le 16 janvier, des deux garçons et de la jeune fille, le directeur de l'école Le Sommet, Yves Savard, a laissé savoir que le trio avait un plan réfléchi pour exécuter des élèves et des membres du personnel de l'école. La direction a été alertée par des élèves qui avaient été témoins d'une discussion au sujet de ce présumé complot sur le réseau social Facebook. Les adolescents ont été arrêtés et leurs casiers ont été fouillés. L'école a aussi été ratissée au grand complet par les policiers. Selon ce qui a aussi été rapporté, ces jeunes accusés seraient victimes d'intimidation à l'école depuis plusieurs années.

Les adolescents, sans antécédents judiciaires, reviendront devant le tribunal le 4 mars pour l'orientation de leur dossier. Ils s'exposent à une peine maximale de trois ans de détention s'ils sont reconnus coupables.

Avec Jean-François Néron

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