Conduite d'urgence: la CSST exige la formation des policiers de Lévis

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(Québec) Plus de trois ans après le décès de la patrouilleuse Mélanie Roy, aucun des 136 policiers permanents de la police de Lévis n'a suivi de formation additionnelle pour la conduite en situation d'urgence, selon un rapport d'intervention de la CSST dont Le Soleil a obtenu copie.

La Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST) avait identifié l'encadrement insuffisant des nouveaux policiers et la formation déficiente en matière de conduite en situation d'urgence pour expliquer, en partie, le décès de cette policière qui était en poste depuis seulement trois mois. Mme Roy répondait à un appel d'urgence et se déplaçait à plus de 170 km/h sur l'autoroute Jean-Lesage, le 7 septembre 2009, quand elle a perdu le contrôle de son autopatrouille lors d'une manoeuvre de dépassement, pour heurter de plein fouet le pilier d'un viaduc.

Dans son rapport d'intervention qui date de la mi-décembre 2012, l'inspecteur de la CSST Christian Roy indique que depuis juin 2011, une quinzaine de policiers temporaires ont participé à une formation sur la conduite en situation d'urgence dispensée par la Sûreté du Québec (SQ). Certains de ces policiers ont depuis quitté ce service de police.

Pour en venir à ce constat, M. Roy a rencontré des leaders de la Fraternité des policiers de Lévis et des membres de la direction du service de police et de la Ville au début décembre.

«Outre les 15 nouveaux policiers qui ont participé à une formation spécifique à la conduite d'urgence, aucune mesure n'a été mise en place sur ce point et cela malgré l'accident tragique survenu le 7 septembre 2009», écrit M. Roy dans son rapport de quelques pages.

Le président de la Fraternité des policiers de Lévis, Marc Allard, estime que les conclusions de cet inspecteur de la CSST démontrent clairement les lacunes observées à Lévis en matière de formation.

«La direction va-t-elle attendre qu'il y ait d'autres morts avant d'agir? a lancé M. Allard. À Lévis, on est en retard sur tout en matière de formation.»

La CSST donne jusqu'au 1er juin 2013 à la police de Lévis pour élaborer un plan d'action par lequel l'ensemble de ses policiers seront soumis à une formation sur la conduite en situation d'urgence. Si l'objectif n'est pas atteint, la police de Lévis s'expose à des amendes de la CSST.

Contrôle de foule

L'inspecteur de la CSST dénonce aussi le fait que les policiers de Lévis n'ont aucun équipement de protection - casque et bâton - pour intervenir lors d'une manifestation qui tournerait soudainement à la violence. Sept policiers ou cadres du service ont été formés sur les gestes à poser afin de gérer le contrôle de foule, alors que cinq autres le seront au printemps.

Dans le rapport de la CSST, autant les policiers syndiqués que les représentants de la direction du service reconnaissent que c'est le travail de la SQ d'encadrer un éventuel débordement de foule sur le territoire de la police de Lévis. Aucune stratégie claire n'existe par contre sur les moyens à prendre par les policiers lévisiens pour gérer la masse, avant l'arrivée de la SQ.

L'inspecteur Roy précise que les policiers de Lévis devraient tout de même être formés et équipés pour gérer des manifestations violentes, le temps de permettre à leurs collègues de la SQ d'arriver sur les lieux pour prendre leur relais. Une procédure de travail claire doit aussi être mise sur pied par le service de police de Lévis pour gérer la situation, avant l'intervention de la police provinciale.

Des mesures à venir, promet la direction

La direction de la police de Lévis affirme que ses patrouilleurs seront formés pour la conduite en situation d'urgence, dans des délais qui demeurent à être déterminés.

En entrevue avec Le Soleil, l'adjointe au directeur et responsable des normes professionnelles à la police de Lévis, Aline Pelletier, a indiqué qu'après le décès de la patrouilleuse Mélanie Roy, la priorité était de mieux former et encadrer les nouvelles recrues.

Une quinzaine de policiers temporaires ont suivi cette formation de la Sûreté du Québec. Par contre, autant de temporaires embauchés avant 2010 n'ont toujours pas été soumis à un entraînement pratique.

«On n'avait pas une problématique au niveau des policiers permanents, a affirmé la capitaine. Il n'y a pas plus d'accidents.»

Mme Pelletier affirme que le service de police présentera un plan d'action à la CSST avant juin, dans lequel on expliquera à l'intérieur de quel échéancier on espère former tous les policiers permanents de Lévis. On y donnera priorité aux patrouilleurs ou à ceux qui ont davantage de difficulté avec la conduite en situation d'urgence. Mme Pelletier affirme que tous les policiers, incluant les enquêteurs, seront formés en cette matière.

En ce qui a trait au contrôle de foule, Mme Pelletier a indiqué que le processus d'achat des bâtons et des casques sera mis en branle le plus tôt possible. Des représentants syndicaux seront consultés dans le choix des équipements qui seront retenus.

Mme Pelletier reconnaît qu'en n'ayant pas ces équipements, la police de Lévis ne remplit pas les exigences du ministère de la Sécurité publique en regard du niveau de service qu'elle doit offrir à sa population.

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