Complot pour meurtre dans une école: un plan «réfléchi»

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Devant le sérieux de l'affaire, la police a fait une fouille des casiers des trois élèves arrêtés.

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(Québec) Les trois élèves de l'école secondaire Le Sommet accusés, jeudi, de complot pour meurtre contre les élèves et le personnel de leur établissement avait élaboré non pas un, mais trois plans pour réussir leur funeste projet.

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Le directeur Yves Savard a recontré le personnel enseignant à l'école secondaire Le Sommet, jeudi matin.

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Les trois élèves de l'école secondaire Le Sommet accusés, jeudi, de complot pour meurtre contre les élèves et le personnel de leur établissement avaient élaboré non pas un, mais trois plans pour réussir leur funeste projet.

«C'était réfléchi. C'était pensé», confirme, visiblement désolé, le directeur de l'école, Yves Savard. Celui-ci a déjà géré des cas de menaces proférées par des élèves sur Facebook. Mais la conversation électronique dont il a pris connaissance cette semaine dépassait de loin tout ce qu'il avait lu jusqu'à présent.

Des étudiants ont avisé mercredi un membre du personnel de l'école quand ils ont vu, la veille, les menaces sur le réseau social. Après avoir été lui-même mis au courant, M. Savard a alerté la policière d'école. Devant le sérieux de l'affaire, les trois élèves, une fille de 16 ans et deux garçons de 14 et 15 ans, ont été rencontrés par la direction. Des policiers sont ensuite venus les cueillir.

«C'était un plan assez détaillé. Ils faisaient référence à l'utilisation d'armes et même d'une bombe», précise M. Savard qui, sans être nommé, était du nombre des personnes visées en sa qualité de directeur.

Plus encore, les élèves concernés parlaient d'un plan A, B et C. Il était aussi question de trouver une faille dans le système de sécurité de la direction. Toutefois, aucun «nom précis» n'était mentionné. Il n'y avait pas de «liste» de gens ciblés.

La police a fait une fouille des casiers des trois élèves appréhendés. Des agents ont ratissé l'école jusqu'à 21h. «Lorsqu'on menace de tuer quelqu'un, il y a peut-être des armes. C'est ce qu'on a voulu vérifier», a souligné le directeur. Cependant, les fouilles ont été infructueuses.

Le directeur dit ne pas avoir hésité à demander l'aide de la policière d'école attitrée à son établissement. «C'est sûr que c'est peut-être des paroles en l'air. Mais est-ce que je vais prendre le risque que ça ne le soit pas?» questionne-t-il, un mois après la tuerie dans une école primaire de Newtown au Connecticut qui a fait 26 victimes, dont 20 enfants.

D'ailleurs, la ministre de l'Éducation elle-même, Marie Malavoy - en plus de nombreux parents - a félicité la promptitude avec laquelle a agi la direction.

C'est la première fois que la police de Québec traite un dossier de complot pour meurtre impliquant des mineurs sur son territoire.

Après avoir été détenus, mercredi, les trois adolescents ont brièvement comparu jeudi au palais de justice de Québec, chambre de la jeunesse, où ils ont été formellement accusés, à tour de rôle, d'un chef de complot pour meurtre.

Chaque jeune était représenté par un différent avocat, mais tous trois ont plaidé non coupables à l'accusation. Ils devront passer la fin de semaine en détention, leur enquête sur remise en liberté a été reportée à lundi après-midi.

Seuls étaient présents les parents de chaque accusé, qui n'avaient pas à témoigner à cette étape des procédures. 

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«On a évité le pire. C'est ce qu'il faut se dire», lance, soulagée, Céline Tremblay, enseignante de quatrième secondaire.

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Cellule de crise

L'école avait mis sur pied une cellule de crise, jeudi matin, pour accueillir ses élèves et son personnel enseignant au lendemain des arrestations.

«On a évité le pire. C'est ce qu'il faut se dire», lance, soulagée, Céline Tremblay, enseignante de quatrième secondaire. C'est sûr que ce n'est pas intéressant de voir ce genre de nouvelle, mais on sait ce qui s'est passé au Connecticut. On veut tous éviter ces catastrophes. Ça a été pris au sérieux ici. On a pris les devants et on a réglé une situation», a-t-elle expliqué à la sortie d'une rencontre entre la direction et le personnel avant même le début des cours.

Cette mise au point avec les enseignants faisait partie d'une série d'actions engagées par la direction pour gérer la crise qui secoue la communauté de 800 étudiants.

Au cours de la journée, le directeur Yves Savard a rencontré les élèves de chaque secondaire à l'auditorium pour corriger certains faits amplifiés par la machine à rumeurs. «Ce [jeudi] matin, j'avais l'impression qu'un F-18 avait attaqué l'école», a-t-il lancé aux quatrième et cinquième secondaire venus l'écouter. «On va replacer ça dans son contexte», a-t-il ajouté, soulignant qu'aucune arme ni bombe n'avait été trouvée.

Il en a aussi profité pour demander la collaboration des élèves. «C'est important d'offrir un milieu sain et sécuritaire. Pour vivre 800 dans une même bâtisse, il faut des règles de vie. Quand vous lisez, entendez des choses qui n'ont pas de bon sens, dites-le», a-t-il insisté.

L'école a aussi fait parvenir un courriel et une lettre explicative aux parents. Un soutien psychologique était offert pour les élèves qui en sentaient le besoin.

Avec la collaboration de Pierre Asselin et Mylène Moisan

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