Un médicament contre le Parkinson rend une dame compulsive

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L'imposition de frais supplémentaires pour les personnes payant avec une carte de débit est souvent pratiquée dans les dépanneurs où les consommateurs utilisent leur carte pour des achats aussi peu coûteux qu'un paquet de gommes.

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(Québec) Gisèle Poitras se trouve devant un choix déchirant, qui l'a menée au tribunal jeudi. Ou bien elle endure les symptômes de la maladie de Parkinson, ou bien elle devient une joueuse et acheteuse compulsive.

Mme Poitras est accusée d'avoir volé une carte de débit. Son calvaire a débuté en 2004, quand la dame, âgée de 56 ans alors, a commencé à prendre un médicament, le Mirapex, pour contrôler les symptômes de la maladie de Parkinson. Le problème, c'est que ce remède provoque chez certaines personnes une transformation radicale. Des gens qui n'avaient jamais manifesté de comportements compulsifs deviennent, du jour au lendemain, accros au jeu, au sexe, ou bien deviennent acheteurs compulsifs.

Ce fut le cas pour Mme Poitras. «Si j'allais acheter une paire de bas, ça n'était jamais assez, j'en prenais une douzaine. Il fallait que j'achète tout», a-t-elle raconté au Soleil, à la sortie du tribunal. Elle a vidé son compte de toutes ses économies pour ensuite commencer à puiser dans celui de son mari.

L'effet du médicament est si puissant que la personne ne prend pas conscience de sa transformation. Il aura fallu un certain temps avant que le couple réalise la cause du changement survenu dans la personnalité de la dame.

Recours collectif

Gisèle Poitras a fait partie d'un recours collectif intenté au Québec, avec 140 autres personnes, dont certaines se sont ruinées. En début d'année, le groupe a obtenu gain de cause, le juge leur accordant 2,7 millions $. «Ça couvre à peine la moitié des frais que nous avons dû encourir», déplore-t-elle.

Le Mirapex stimule la production de dopamine dans une région du cerveau, provoquant une sorte d'euphorie chez la personne qui anticipe une excitation, une récompense.

Mme Poitras raconte le cas de cet homme de 83 ans, de la région de Québec, sans antécédent de jeu, qui allait soudainement passer toutes ses journées au casino de Charlevoix. «Il prenait deux pilules par jour, moi, j'en prenais huit...»

Le recours collectif n'a toutefois pas mis fin à son enfer, car son médecin continue de lui prescrire le même médicament, à plus faibles doses. «C'est le seul qui arrête mes tremblements», dit-elle.

Le couple tente, du mieux qu'il peut, de contrôler les effets du Mirapex. Mme Poitras n'a plus accès à sa carte de guichet et elle ne peut faire de transactions à sa succursale bancaire sans être accompagnée de son mari. Elle a demandé, et obtenu, d'être rayée du casino pour cinq ans, la plus longue période possible.

Mais toutes ces précautions ne suffisent pas à éliminer le risque.

C'est ainsi qu'elle a subtilisé la carte de guichet de sa fille. Cette dernière, ignorant que sa mère était la responsable, a rapporté le vol à la police, d'où les accusations portées contre elle. Et comme le Mirapex provoque aussi des pertes de mémoire, Mme Poitras n'a aucun souvenir de l'événement, qu'elle ne conteste pas par ailleurs. La cause a été reportée afin de laisser le temps à son avocat de prendre toutes les informations médicales qui permettront au juge de trancher cette délicate affaire.

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