Détournement d'un fonds secret à la SQ: Bergeron troublé

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Sur un ton grave, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a présenté, jeudi matin, des faits «troublants» ayant été portés à sa connaissance.

La Presse Canadienne

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(Québec) Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, s'inquiète des allégations concernant le présumé détournement d'un fonds secret par trois anciens hauts gradés de la Sûreté du Québec, dont l'ex-numéro un du corps de police, Richard Deschesnes. Il a commandé une enquête.

Sur un ton grave, le ministre a présenté, mercredi, des faits «troublants» ayant été portés à son attention. Il appert qu'un haut gradé de la Sûreté du Québec a autorisé le recours à un fonds de dépenses secret pour défrayer le coût d'une indemnité de départ personnelle.

«Or, aucune prime de départ ne peut être accordée par la Sûreté du Québec à l'un de ses employés», a déclaré Stéphane Bergeron. L'infraction serait de nature criminelle.

«Les dépenses secrètes doivent exclusivement servir à des dépenses d'opération. Ce fonds permet notamment de payer des délateurs, des informateurs, des collaborateurs ou à mener des opérations spéciales.» Une «transaction de drogue», par exemple.

Ce n'est pas tout. Les hauts gradés auraient aussi eu recours au même fonds secret pour payer un consultant professionnel qui ne pouvait contracter avec la Sûreté du Québec en raison de problèmes avec le fisc.

La Presse a révélé mercredi l'identité des trois ex-officiers présumément mis en cause. Il s'agit de Richard Deschesnes, ex-directeur général, ainsi que de Jean Audette et Steve Chabot, qui ont dirigé les enquêtes criminelles du corps de police.

C'est Mario Laprise, le nouveau directeur général de la Sûreté du Québec, nommé récemment par Stéphane Bergeron, qui a eu vent de ces informations.

«Considérant la nature des allégations, l'identité des personnes concernées et pour assurer la transparence du processus», le ministre Bergeron a décidé de ne pas confier cette enquête «sensible» à un autre service de police, comme le veut la pratique encore en usage.

Il a mis en place un «groupe spécial d'enquêteurs civils» comprenant des policiers retraités.

Cette situation démontre «qu'il y a urgence à procéder à l'adoption du projet de loi 12 sur le bureau des enquêtes indépendantes», a par ailleurs estimé le ministre.

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