La mère de Francis Proulx ébranlée par ses plaidoyers de culpabilité

Lise Hudon, la mère de Francis Proulx, pensait... (Collaboration spéciale Marc Larouche)

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Lise Hudon, la mère de Francis Proulx, pensait que son fils plaiderait la non responsabilité criminelle.

Collaboration spéciale Marc Larouche

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Marc Larouche, collaboration spéciale
Le Soleil

(Rivière-du-Loup) Depuis que son fils a été arrêté, il y a plus de quatre ans, Lise Hudon n'a manqué qu'une seule de ses comparutions devant le tribunal, parce qu'on ne l'en avait pas informée. Lundi, elle était assise à la première rangée, à quelques mètres à peine de son fils qu'elle a entendu plaider coupable à neuf reprises à tous les chefs qui étaient retenus contre lui. Sous le choc, elle n'arrivait pas à comprendre.

«Francis doit prouver qu'il est non criminellement responsable. Qu'est-ce qui se passe?» a-t-elle demandé, anxieuse et les yeux rougis, au collaborateur du Soleil. «Tout est fini. Il a dit qu'il ne voulait plus poursuivre les démarches, qu'il ne voulait plus aller en Cour suprême.» Le journaliste l'a référée à l'avocat de son fils, Me Pierre Gagnon.

«Comme mère, si elle n'était pas avisée des intentions de son fils de disposer de l'ensemble de ses dossiers ce matin, je peux présumer que ça a été un choc pour elle. Sa réaction a été émotive», a commenté ce dernier, qualifiant le résultat de «juste», compte tenu des circonstances.

«Je ne sais pas pourquoi mon client a finalement décidé de plaider coupable. Je n'ai pas abordé cet élément avec lui. Mais son plaidoyer était éclairé. Il n'a subi aucune menace ni aucune pression.»

«La vérité, pour nous, c'est sacré. La justice, c'est sacré. Tout ce qui s'est passé ne serait jamais arrivé si mon père était encore en vie. C'était un homme juste», disait la mère de Francis Proulx, semblant chercher une raison à la volte-face de son fils. Ses pensées s'entrechoquaient, comme si elle ne voulait pas croire que son Francis venait d'avouer devant elle avoir commis tous les crimes pour lesquels il était accusé.

«Je ne le reconnais plus. Ce n'est pas mon Francis que j'ai connu. Il était fier et méticuleux. Il a maintenant une barbe. Il n'en avait jamais eu. Mais il a regardé dans la salle et il m'a encore souri», a dit Mme Hudon.

Pas de communication

En fait, Francis Proulx n'a eu aucune communication avec sa mère depuis les malheureux événements. Les dizaines de lettres qu'elle lui a écrites sont demeurées sans réponse. Ce sont les autorités du pénitencier de Port-Cartier qui lui donnent des nouvelles lorsqu'elle appelle. «On me dit qu'il est droit, qu'il suit les directives.» Pendant les comparutions, l'auteur de ces lignes n'a jamais vu Proulx exprimer beaucoup d'émotion en regard de la présence de sa mère.

Lundi, d'une voix sûre, il s'est souvent adressé à la juge Luce Kennedy pour préciser des dates ou des lieux dans les dossiers de vols, d'introduction par effraction, même d'agression sexuelle et de nécrophilie, pour lesquels il semblait avoir un excellent souvenir.

«Je vous écrirai une lettre dans laquelle je témoignerai de cette affaire, de moi, de mon fils. Je vous parlerai plus tard. Pas aujourd'hui», a conclu Lise Hudon, alors que des larmes tombaient sur ses joues. Elle est repartie seule, à pied, dans la tempête, alors qu'elle venait peut-être de voir son fils pour la dernière fois avant longtemps.

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