La fille du défunt dont les ossements ont été volés au cimetière Saint-Charles en novembre 2011 est venue témoigner, aux représentations sur sentence de François Gagnon, de comment sa famille et elle ont vécu un deuxième deuil à la suite de la perpétration du crime. En 1994, à l'âge de 50 ans, son père est mort d'une crise cardiaque, alors qu'elle avait 14 ans.
À l'époque, sa mère, ses soeurs et elle ont été secouées par cette mort inattendue. «Je me suis effondrée, je n'y croyais pas», a-t-elle raconté en parlant du vol au juge Jean-Louis Lemay lors des représentations sur sentence de l'accusé avant de fondre en larmes. Toute sa famille a été suivie par un psychologue après les événements.
Un soir de novembre 2011, François Gagnon et un ami se sont rendus au cimetière Saint-Charles avec des pelles pour déterrer un cadavre. Selon le résumé de la preuve de la poursuite, les deux jeunes hommes ont creusé durant deux heures un trou de six pieds de profondeur avant de trouver des ossements.
Ils ont arraché le crâne avant de se rendre chez François Gagnon. Rendus là, ils ont mis le crâne dans un seau avec du dégraissant. L'accusé voulait un crâne afin de l'exposer chez lui. Il a admis en défense avoir bu avec son complice deux 26 onces d'alcool fort tandis que la Couronne, représentée par Me Jean-Simon Larouche, met un bémol sur le niveau d'intoxication des accusés en raison de la durée de leurs travaux d'excavation.
«Geste horrible»
L'avocat de l'accusé, Me Enrico Théberge, a demandé une peine de travaux communautaires assortie d'une probation de trois ans. Il a fait témoigner son client à propos de ses carences affectives en raison de ses difficultés familiales.
«C'est un geste horrible et irréfléchi», a laissé entendre l'accusé qui ne possédait pas d'antécédents judiciaires avant ce crime. «Je suis désolé pour la famille. Je comprends la peine que ça peut leur faire», s'est-il excusé du bout des lèvres.
Les employeurs de François Gagnon sont venus témoigner en sa faveur disant que le jeune homme avait une bonne conduite dans la société, ne comprenant pas le geste qu'il a commis en novembre 2011. Me Jean-Simon Larouche a plutôt suggéré une peine de prison ferme de six mois en raison de la peine de la famille et de la gratuité du geste commis par le jeune homme. Il connaîtra sa peine le 3 décembre.
La famille du défunt attend depuis un an que les ossements volés lui reviennent. Ils sont présentement au laboratoire médico-légal, car les procédures judiciaires du complice de François Gagnon sont toujours en cours. Dès qu'elles les auront, la veuve et ses filles pourront inhumer une deuxième fois le défunt, 18 ans après sa mort.