Le caïd de la vitre teintée condamné à 42 mois de prison

Yannick Larose, un proche des Hells Angels, a... (Le Soleil)

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Yannick Larose, un proche des Hells Angels, a tenté de prendre le contrôle du commerce de la vitre teintée dans les gros marchés de la province.

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(Joliette) Le caïd montréalais de la vitre teintée, Yannick Larose, s'en va à l'ombre pour les trois prochaines années et demie.

Mardi matin, au palais de justice de Joliette, les procureurs de la Couronne et de la défense, Steve Baribeau et Jean-Daniel Debkoski, ont présenté cette suggestion commune de 42 mois d'emprisonnement ferme au juge François Landry, qui l'a entérinée sur le champ. Cette proposition est survenue à la suite de nombreuses discussions entre la défense et le ministère public, a affirmé Me Baribeau.

L'homme de 39 ans a pris immédiatement la direction des cellules et il a salué sa conjointe tout juste avant de quitter la salle d'audience. Il a refusé de dire quoi que ce soit quand le juge l'a invité à le faire.

Durant les 10 prochaines années, Larose ne pourra pas posséder d'armes et il devra également fournir un échantillon d'ADN.

Au cours de la dernière décennie, Larose a tout mis en place afin de prendre le contrôle total du marché de la vitre teintée à la grandeur de la province. Il faisait beaucoup de pression pour que les concurrents de son entreprise, X Vitres Teintées, se franchisent avec lui ou lui vendent carrément leur compagnie.

Il n'a pas hésité à faire passer à tabac, par des fiers à bras, des concurrents qui refusaient de se joindre à lui ou de lui céder leur compagnie. À Québec, le propriétaire d'une compagnie de vitres teintées, Pier-Luc Paré, s'est fait battre dans ses anciens locaux de Vanier, en novembre 2007. Larose avaient aussi donné l'ordre d'agresser physiquement Christian Bouchard, le copropriétaire de Réflex-Teinte, en avril 2008, mais ce sont les policiers de l'Escouade tactique d'intervention de la police de Québec qui attendaient les matamores envoyés par Larose.

C'est l'enquête de la section de la lutte contre le crime organisé de la Sûreté du Québec (SQ) qui a permis d'arrêter Larose, en août 2009, dans le cadre du projet Dictature. L'agression de M. Paré et celle tentée contre M. Bouchard se sont avérées des points d'ancrage importants de cette opération Dictature.

Se sachant sous enquête, Larose avait fui au Mexique durant plusieurs mois, jusqu'à ce qu'il revienne pour être mis sous arrêt. Moyennant une caution de 100 000 $, il avait pu recouvrer sa liberté provisoire en octobre 2009.

La procureur de la Couronne, Steve Baribeau, affirme que la peine imposée à Larose est «significative».

«L'enquête policière a permis de ramener la quiétude dans le domaine des vitres teintées, a-t-il affirmé, lors d'une mêlée de presse avec quelques journalistes. Les gens ont le droit de travailler en paix, peu importe leur domaine.»

Pas de témoignage des victimes

En plaidant coupable aux cinq chefs d'accusation portés contre lui en mars dernier, Larose a ainsi fait en sorte que les victimes n'auront pas à témoigner contre lui dans le cadre d'un procès. Une partie de la preuve du poursuivant reposait sur le témoignage d'un témoin repenti, Patrick Noël. En évitant le procès, la Couronne n'aura pas à défendre la crédibilité de ce témoin aux antécédents judiciaires importants.

Tous ces facteurs ont été pris en considération afin de déterminer la peine à imposer avec le procureur de la défense, reconnaît Me Baribeau.

Ce dernier a confirmé que c'est ce Noël, qui avait été arrêté en mai 2009 pour de nombreuses infractions, dont trafic de stupéfiants, qui jouait le rôle d'entremetteur pour Larose, quand ce dernier voulait faire administrer une correction à un concurrent récalcitrant. Sur ordre de Larose, Noël trouvait les matamores et leur disait à qui s'en prendre.

Joint à son travail, le copropriétaire de Réflex-Teinte, Christian Bouchard, s'est dit satisfait de cette peine.

«Compte tenu des failles de notre système de justice, je crois que cette peine est correcte. Avec les libérations conditionnelles, c'est bien clair qu'il ne passera pas toute sa peine derrière les barreaux. À tout le moins, ça devrait l'avoir calmé.»

Pour sa part, Pier-Luc Paré disait être assez insensible à la teneur de la peine.

«Moi, je vais vivre toute ma vie avec l'agression que ces gars-là m'ont donnée. Dans le fond, il aurait reçu 5, 10 ou même 15 ans, ça ne change rien pour moi.»

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