Aux alentours de 16h, deux matamores envoyés par Larose s'en vont servir une raclée à Christian Bouchard, un des deux propriétaires de Réflex Teinte, dans l'ancien local de l'entreprise, dans le parc Colbert. Mais c'est le Groupe tactique d'intervention de la police de Québec qui attend ces malfrats.
Dès que les deux individus ont pénétré dans le local et qu'un d'eux a tenté de frapper M. Bouchard, les policiers cachés un peu partout à l'intérieur et à l'extérieur de l'immeuble ont sauté sur les malfaiteurs.
«J'ai fait un méchant saut», se rappelle M. Bouchard, en entrevue avec Le Soleil, en parlant de cette intervention policière. «Les policiers gueulaient de partout! Ils les ont ramassés solide. Ça valait la peine de voir ça.»
En 2007, Christian et son frère Éric viennent à peine d'ouvrir leur entreprise de vitres teintées spécialisée dans le domaine automobile quand ils reçoivent les premières «avances» de Yannick Larose, qui souhaite acheter leur entreprise. Ils refusent, et Larose leur fait comprendre qu'il leur mènera la vie difficile en tentant de leur voler des gros clients, tels les concessionnaires automobiles, au moyen d'une guerre de prix.
Les Bouchard décident de ne pas solliciter les clients de X Vitres Teintées, afin de ne pas se frotter au propriétaire à la mauvaise réputation qui ne cesse de les harceler. Mais à la fin mars 2008, deux concessionnaires choisissent de ne plus faire affaire avec l'entreprise de Larose, car ils ne sont pas satisfaits du travail de ses hommes, et ils réquisitionnent les services de Réflex Teinte. Larose appelle d'ailleurs Éric Bouchard pour lui ordonner de ne pas lui voler ses clients.
Les frères croient bien que la décision de ces deux clients de quitter X Vitres Teintées au profit de leur entreprise a peut-être incité le caïd à leur envoyer ses deux fiers-à-bras pour leur lancer un message clair.
Pour rencontrer un des propriétaires de Reflex Teinte, un des deux agresseurs appelle Éric Bouchard en se faisant passer pour un enquêteur de police qui s'intéresse aux rumeurs entourant le monde des vitres teintées. Six mois plus tôt, un commerçant de Québec qui refusait de se franchiser avec Larose, Pier-Luc Paré, s'était fait agresser dans son local.
Le hic pour ce faux policier, c'est que lorsqu'il communique avec Éric Bouchard, ce dernier parle justement sur l'autre ligne avec le vrai enquêteur de la Sûreté du Québec responsable de l'enquête.
Immédiatement, les policiers décident de tendre un piège au faux policier. Un plan de match précis est établi avec Christian Bouchard par l'escouade tactique d'intervention de la police de Québec. Lors du rendez-vous, Christian Bouchard est protégé par une veste pare-balle.
«Tu vas manger un coup de poing sur la gueule, t'en mangeras pas deux», expliquent alors les policiers à Christian Bouchard, qui était très nerveux avant l'opération.
L'intervention s'est déroulée sans faille, et Larose s'est sauvé au Mexique quelques mois plus tard, en sachant que l'enquête de la Sûreté du Québec se rapprochait dangereusement de lui.