Larose a tenté de prendre le contrôle du commerce de la vitre teintée dans les gros marchés de la province, soit les grandes régions de Montréal, de Québec et de Trois-Rivières, au cours de la première décennie des années 2000.
Intimidation, agressions physiques et menaces étaient réservées aux concurrents qui refusaient de se joindre à son réseau de franchisés regroupés sous le nom de X Vitres Teintées.
Larose, un proche de l'influent Hells Angels Mario Brouillette, s'est aussi lancé dans une guerre de prix sans merci avec ses compétiteurs. Mais, à Québec, plusieurs artisans de ce domaine, qui se connaissent bien entre eux, se sont tenus et ont résisté à ces tentatives d'intrusion dans leur entreprise.
«Moi, c'est pas compliqué, ce que je veux, c'est un monopole!»
C'est par ces paroles que Larose aurait tenté, à la suite d'un de ses nombreux appels, de faire comprendre à un des propriétaires d'une entreprise de vitres teintées de Québec, Éric Bouchard, qu'il devait adhérer à son mouvement. Éric et son frère Christian ont à maintes reprises décliné «l'offre» de Larose.
Intervention chez Réflex Teinte
Quelques heures avant que le Manège militaire de Québec ne soit la proie des flammes, le 4 avril 2008, les policiers de Québec arrêtaient les deux matamores envoyés par Larose qui étaient venus tabasser Christian Bouchard dans l'ancien local de son commerce Réflex Teinte, alors situé dans le parc Colbert, dans Sainte-Foy.
Sentant la soupe chaude, Larose fuit au Mexique avec sa famille quelques mois plus tard.
Cette intervention policière chez Réflex Teinte s'est avérée un des points d'ancrage de l'opération Dictature du Service des enquêtes contre le crime organisé de la Sûreté du Québec (SQ), qui a permis de stopper les tristes ambitions de Larose.
En mai 2009, la SQ déploie quelque 150 policiers sur le terrain, afin d'arrêter près d'une trentaine de personnes dans le cadre de cette opération et de mener différentes perquisitions, notamment dans la somptueuse demeure de Larose située à Mascouche, près de Montréal.
À cette époque, Larose était à la tête d'un réseau d'une vingtaine de franchisés actifs dans le domaine de la vitre teintée. Selon ce qu'on a appris, plus de cinq commerçants auraient décidé de vendre à Larose au fil des années, par peur de représailles.
Le caïd et sa conjointe se rendront finalement aux forces de l'ordre en août 2009, à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, après s'être cachés au Mexique. Larose était recherché par Interpol pour ses crimes commis au Québec.
Malgré l'opposition farouche du procureur de la Couronne, Me Steve Baribeau, Larose a pu reprendre sa liberté en octobre 2009, en attente des procédures judiciaires, moyennant une caution de 100 000 $.
En mars dernier, Larose a plaidé coupable à cinq chefs d'accusation de voies de fait par personnes interposées, d'intimidation et de menaces, tous reliés à sa tentative de prise de contrôle de ce marché de l'esthétique automobile. Les faits reprochés à Larose se sont déroulés entre les années 2003 et 2008, à Montréal, à Laval, à Saint-Constant, à Trois-Rivières et à Québec.
Il reviendra mardi au palais de justice de Joliette pour connaître sa peine. La défense et la Couronne ont déjà annoncé au juge qu'ils comptaient présenter une suggestion commune qui consisterait en une peine de prison ferme.
Par l'intermédiaire de son avocat, Jean-Daniel Debkoski, M. Larose a indiqué qu'il refusait de commenter notre dossier.