Les accusations contre le père de Rébecca Lévesque abandonnées

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«C'est moi qui ai signé pour qu'elle entre au Centre jeunesse. En signant, je l'ai conduit à la mort», exprime Martin Lévesque en ne pouvant retenir ses larmes.

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(Québec) Accusé d'avoir menacé de mort des employés du centre jeunesse où sa fille est décédée dans des circonstances troubles en 2011, Martin Lévesque a récemment vu ses accusations criminelles être abandonnées par le ministère public.

Rébecca Lévesque est morte dans la nuit du 12 au 13 février 2011 au Centre jeunesse Chaudière-Appalaches (CJCA), alors que le personnel de l'établissement a refusé de la conduire à l'hôpital, même si elle présentait les symptômes d'une personne très malade.

L'adolescente de 15 ans a finalement été emportée par une virulente infection sanguine. Près de huit mois plus tôt, son père, Martin Lévesque, avait été arrêté pour avoir menacé et harcelé des intervenants du CJCA, situé à Lévis.

Le 24 septembre dernier, soit plus de 20 mois après le dépôt des accusations en janvier 2011, le ministère public a annoncé qu'il retirait l'accusation de menaces de mort retenue contre Martin Lévesque. «Compte tenu de l'ensemble de la situation, il n'était plus opportun de maintenir les accusations devant le tribunal», a confirmé hier au Soleil la procureure de la Couronne au dossier, Me Valérie Lahaie. Celle-ci précise que la décision a été prise «dans un contexte particulier», en tenant compte de plusieurs facteurs et non pas uniquement en raison des épreuves traversées par la famille Lévesque.

Amertume

Martin Lévesque accueille avec une pointe d'amertume ce revirement judiciaire. «Si ç'avait été vraiment la raison, ils auraient pu abandonner avant», dit-il. M. Lévesque ajoute que six mois après la mort de Rébecca, la Couronne n'avait toujours pas laissé entrevoir son intention de retirer l'accusation.

«La déception, c'est que j'aurais aimé que ça aille jusqu'au bout, lance-t-il. J'aurais pu être acquitté de vive voix, j'aurais pu gagner contre le Centre jeunesse pour leur montrer [qu'ils avaient] tort de m'arrêter.»

M. Lévesque croit que la poursuite et les plaignants ont senti la soupe chaude en voyant qu'il était prêt à clamer son innocence en procès et qu'il avait eu raison de s'inquiéter pour sa fille.

Martin Lévesque explique que dans l'année ayant précédé son arrestation, en juin 2010, sa fille Rébecca avait fugué du Centre à 14 reprises. Il reconnaît que le ton pouvait parfois monter lorsqu'un intervenant l'appelait pour l'en avertir. «N'importe quel parent aurait crié au secours. Ça faisait longtemps, moi, que je criais qu'il allait arriver de quoi. J'appelais parce que j'étais inquiet pour ma fille.»

«C'est moi qui ai signé pour qu'elle entre au Centre jeunesse. En signant, je l'ai conduit à la mort», exprime-t-il en ne pouvant retenir ses larmes.

Martin Lévesque estime que le procès pour menaces de mort aurait pu lui permettre de faire la lumière sur les agissements du Centre jeunesse, ou du moins, de les rendre publics. «Je suis déçu de voir qu'on ne verra pas le fond des choses, encore. Pour qu'ils abandonnent des charges criminelles contre un citoyen, c'est gros là. C'est rare que ça arrive», conclut-il.

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