Réjean Violette était notamment accusé de tentative de meurtre à l'endroit de sa mère de 83 ans. Même s'il n'a pas cru la version de l'accusé, le juge Michel Babin l'a acquitté sur le chef de tentative de meurtre. Le magistrat l'a néanmoins reconnu coupable de voies de fait graves, d'introduction par effraction, d'avoir infligé des lésions, de menaces de mort, de séquestration et de déguisement dans un dessein criminel.
Le 4 février, Réjean Violette s'est introduit par effraction chez ses parents en fracassant une vitre. Il a lancé maintes fois «Je vais te tuer» à sa mère qui était seule à ce moment. La dame ignorait au départ qu'il s'agissait de son fils, puisqu'il avait le visage couvert.
L'homme sans antécédent judiciaire a projeté violemment sa mère au sol à trois ou quatre reprises et l'a frappée à la tête avec un marteau. À un certain moment, la dame a reconnu son fils, alors que son visage était en partie découvert.
Elle est parvenue à se réfugier dans une chambre et a alerté les policiers. Elle a subi une fracture de la mâchoire et elle a eu une vertèbre déplacée ainsi que de nombreuses lésions et ecchymoses à la tête et un peu partout sur le corps.
La Couronne avait fait valoir que Réjean Violette était agressif et entretenait de mauvaises relations envers ses parents depuis qu'il s'était fait montrer la porte du domicile familial, en 2009. Il accusait depuis son père d'avoir commis des gestes sexuels avec leur chien il y a une trentaine d'années et reprochait à sa mère de ne pas l'avoir dénoncé.
L'accusé avait pour sa part prétendu avoir passé la journée chez lui lors des événements. En l'interceptant à son domicile, les policiers avaient toutefois remarqué que les semelles de ses chaussures étaient mouillées. Lors du procès il y a deux semaines, Violette avait finalement admis avoir sorti ses ordures en matinée, ce qu'il ne considérait pas comme une «vraie» sortie.
«Invraisemblable»
Le juge Michel Babin a qualifié cette défense «d'invraisemblable», vendredi. D'autant plus qu'il a eu l'impression que l'accusé «évitait de répondre» aux questions lors du contre-interrogatoire.
La défense n'a donc pas prouvé hors de tout doute raisonnable l'innocence de Violette, a estimé le magistrat. «Il y a peu de personnes mieux placées qu'une mère pour reconnaître son fils», a souligné le juge Babin, avant de déclarer coupable Réjean Violette de six des sept chefs d'accusation qui pesaient contre lui.
Le juge n'a pas été convaincu que Violette «avait l'intention de tuer» en s'attaquant à sa mère, c'est pourquoi il n'a pas retenu l'accusation de tentative de meurtre. L'accusé aurait pu, a-t-il expliqué, lui infliger d'autres coups de marteau dans les instants qui ont permis à la dame de se sauver pour appeler le 9-1-1.
Réjean Violette, qui est détenu depuis son arrestation le 4 février, reviendra en cour le 21 janvier pour les représentations sur sentence. Il est passible d'une peine d'emprisonnement maximale de 14 ans.