L'ex-patron de la SQ «réaffecté» avec plein salaire

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron...

Agrandir

Le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron

Partager

(Québec) Richard Deschesnes a perdu son poste de patron à la Sûreté du Québec (SQ). Mais il conservera son plein salaire jusqu'en juillet.

En entrevue au Soleil, le ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, a refusé de parler d'un congédiement pour M. Deschesnes. Ce dernier a été «muté», a fait valoir le politicien.

Il n'a pas été possible d'apprendre quelles sont les nouvelles fonctions qui incombent à l'ex-dirigeant de la SQ. Par contre, le ministre Bergeron a indiqué que M. Deschesnes «conserve ses émoluments» jusqu'à la fin du mandat confié par le précédent gouvernement du libéral de Jean Charest.

En mai 2008, le salaire du directeur général de la SQ a été fixé à 189 334 $. Pour les huit mois qui restent, Richard Deschesnes devrait encaisser plus de 125 000 $.

Lors d'un entretien téléphonique, Stéphane Bergeron a insisté sur le fait que, dans ce dernier cas, ce n'est pas un licenciement. «Un congédiement, tu ramasses tes cliques et tes claques, tu sacres ton camp, et on te coupe ton salaire! C'est pas son cas.»

La «réaffectation» sera déterminée plus tard. «Ce n'est pas une démotion, a repris M. Bergeron. Il a été nommé sur la base de certaines compétences [...] qui ont été très utiles à la SQ. Mais le gouvernement veut poser un geste pour envoyer un message clair quant au fait qu'il est déterminé à éradiquer, autant que faire se peut, le crime organisé.»

Remplacé par un «homme de terrain»

Le ministre de la Sécurité publique a fait valoir que son successeur, Mario Laprise, est davantage un «homme de terrain», ayant travaillé au sein d'une «escouade qui a eu des résultats probants», soit l'escouade Carcajou. «Nous voulions envoyer un message clair», a répété à quelques reprises le ministre.

Pourquoi ne pas avoir attendu juillet pour le changement? s'est demandé M. Bergeron en répondant lui-même «qu'on voit que nous sommes dans une période trouble. Nous n'avons pas de temps à laisser au temps. Ce qui se passe [et se dit] à la commission Charbonneau concrétise nos pires appréhensions».

Stéphane Bergeron s'est défendu énergiquement de s'ingérer dans la SQ avec cette nomination. «Ceux qui disent cela sont complètement à côté de leurs pompes. Personne ne conteste les compétences de M. Laprise dans les milieux policiers.»

Pas de lien avec l'attentat du Métropolis

Le député-ministre de Verchères a nié fermement que l'attentat visant Pauline Marois, au Métropolis, le soir du scrutin, qui a fait un mort, ait été un facteur dans le changement de patron. «Cela m'apparaît de la pure spéculation», a-t-il laissé tomber au sujet d'un article paru dans Le Devoir.

Le critique libéral en matière de sécurité publique partage l'opinion de son adversaire péquiste sur ce point précis. «Je n'y crois pas», qu'il y ait un lien entre le drame du 4 septembre et le changement de garde à la SQ, a commenté Robert Poëti, lui-même un porte-parole de la Sûreté avant son élection comme député de Marguerite-Bourgeoys.

Le député Poëti a contredit cependant le ministre, qui se limite à parler de réaffectation. «C'est un congédiement» qui frappe celui qui était la tête dirigeante de l'organisation policière. M. Poëti croit aussi qu'il y a ingérence.

Pour l'élu du Parti libéral du Québec, la situation ressemble à ce qui s'est produit, en 1995, quand un autre gouvernement du Parti québécois a montré la porte au dirigeant de la SQ Robert Lavigne pour le remplacer par son homme, Serge Barbeau. Je pensais, a-t-il dit en substance, que le PQ avait évolué avec les années.

L'émission d'Enquête pendant la campagne

Lorsque l'émission Enquête a lancé, en pleine campagne électorale, que le patron de la SQ était peut-être intervenu pour interrompre une filature où le chef libéral Jean Charest avait été mêlé, «le PQ a déchiré sa chemise. [... le PQ a soutenu] qu'il fallait laisser une distance entre le politique et les policiers.

«Ça fait pas un mois et demi que les péquistes ont dit cela. Et une des premières choses qu'ils font est de changer le dg de la SQ» sans donner de raisons convaincantes aux yeux de Robert Poëti. «M. Deschesnes n'était pas issu [du secteur] des enquêtes criminelles. Mais est-ce qu'il y avait quelque chose qui n'allait pas aux enquêtes criminelles?» Il a signalé la collaboration de la Sûreté et de l'Unité permanente anticorruption. «Il y a des résultats.»

Pourtant, a-t-il conclu, «on va se payer deux directeurs généraux du Québec» jusqu'à la fin du contrat de M. Deschesnes. «Au moment où on dit qu'il faut faire attention aux dépenses. C'est malheureux.»

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer