Selon plusieurs témoins, le véhicule serait passé alors que le feu pour le passage des piétons était allumé. Le chauffeur soutient que le feu de circulation était au vert lorsqu'il a tourné à gauche sur la rue Dorchester. Il circulait alors sur le boulevard Charest en direction ouest. La police a recueilli les versions du chauffeur et des témoins. Elle devra déterminer si une infraction a été commise.
La collision s'est produite sous les yeux horrifiés de nombreux témoins. Parmi eux, Éloïse Plamondon traversait l'intersection au moment où l'autocar qui circulait en direction ouest tentait de tourner à gauche sur Dorchester.
«J'ai vu que le chauffeur était déjà engagé pour tourner lorsque la lumière est passée au rouge. Il a décidé de tourner, même si le feu piéton était allumé. Je me suis dit : "Voyons, qu'est-ce qu'il fait là?" Ça me purge lorsque les conducteurs passent sur le feu piéton», raconte-t-elle.
Emmanuelle Charron rapporte essentiellement la même version des faits. Lorsqu'elle a traversé la rue à partir du stationnement du Théâtre de la Bordée pour se diriger vers l'immeuble Beenox, l'autobus était déjà bien engagé dans l'intersection, même si le feu piéton était allumé. «C'était à la hauteur de la traverse pour piéton, et je ne voyais pas le feu de circulation de l'autre côté de la rue parce qu'une partie de l'autobus me cachait.
Le Soleil a questionné d'autres témoins sur place. Tous sont unanimes: le feu piéton était enclenché.
La scène faisait peine à regarder. Des effets personnels de la victime, dont des sacs, jonchaient le sol. La septuagénaire n'a eu aucune chance. Elle aurait passé littéralement sous les roues de l'autocar.
«Quand j'ai vu la dame au sol après l'impact. Ça ne donnait pas le goût de s'approcher», relate Éloïse, visiblement secouée - on le serait à moins - par les événements.
Nicolas Thériault connaît bien cette intersection. Il est de ceux qui ne s'étonnent pas de cet accident. Selon lui, trop de conducteurs tournent à cet endroit sans se soucier si le feu piéton est allumé ou pas. «J'ai le goût de m'installer à l'intersection et de montrer sur vidéo à quel point le monde chauffe mal», s'offusque-t-il.
Plutôt vert
Le chauffeur impliqué travaille pour Autocar Excellence. Il était affecté à un tour de ville. Le propriétaire de l'entreprise lui a parlé peu de temps après la tragédie. «Selon lui, il s'est engagé alors que le feu de circulation était toujours vert. Il n'a jamais vu le piéton parce qu'il était dans son angle mort. À savoir si le feu était rouge ou vert, on va laisser la police faire son enquête», indique Réal Boissonneault.
Ce dernier affirme que le chauffeur impliqué est expérimenté. De plus, l'ensemble de son personnel est invité à toujours se conformer au Code de la sécurité routière.
Selon l'agente Catherine Viel, aucune indication ne laissait croire pour le moment que le chauffeur aurait effectué une manoeuvre dangereuse. Des membres de l'identité judiciaire de la police de Québec ont passé le reste de l'après-midi à reconstituer la scène de l'accident et rencontrer les nombreux témoins.
La circulation a été perturbée jusqu'au début de l'heure de pointe. Plusieurs autobus du Réseau de transport de la Capitale ont connu des retards atteignant 45 minutes. L'identité de la victime n'était pas accessible, jeudi, au moment d'écrire ces lignes.