Patrick Brunet, 39 ans, de Saint-Jean-sur-Richelieu, avait plaidé coupable en décembre 2011 aux deux chefs d'accusation de leurre d'enfant qui pesaient contre lui.
Entre le 10 et le 23 mars 2011, il a échangé des courriels avec une Lévisienne âgée de 14 ans à bord d'un train lors d'un voyage entre Montréal et Québec. La jeune fille ne se doutait pas que son interlocuteur était assis derrière elle. L'accusé lui parlait d'aventures et de prendre un verre dans un hôtel de Québec.
Lors d'un dernier échange le 23 mars, l'adolescente a tout dévoilé à sa mère. En ce qui concerne le deuxième chef de leurre, Patrick Brunet a eu une discussion à connotation sexuelle avec une policière, alors qu'il croyait que c'était une adolescente de 14 ans. Il n'a jamais rencontré ses victimes. Leurs échanges étaient virtuels.
Vie brisée
Les accusations portées contre Patrick Brunet ont eu des conséquences sur sa vie. Il a parlé pour la première fois, lors de son arrestation, de l'agression sexuelle dont il a été victime adolescent.
L'accusé prend part à une thérapie depuis 14 mois à raison d'une fois par semaine. Il a perdu son emploi de cadre au Cégep Saint-Jean-sur-Richelieu et il est maintenant apprenti électricien.
Cet homme, marié et père de trois enfants, a confié que son arrestation a mis en lumière ses difficultés sexuelles à la suite de cette agression sexuelle. Il avoue n'avoir aucune attirance sexuelle pour les jeunes filles. Il a décrit son comportement comme étant «son mal de vie».
Il a écrit une lettre d'excuses à l'adolescente de Lévis lui disant que l'agression sexuelle dont il a été victime avait fait de lui «une personne brisée».
La Couronne demandait une peine d'emprisonnement ferme pour ces crimes, tandis que la défense suggérait une peine dans la collectivité. Selon le rapport présentenciel, il est peu probable que l'homme récidive.
Le juge Pierre Rousseau l'a condamné à une peine de 14 mois dans la collectivité. Les sept premiers mois, Patrick Brunet devra se trouver à domicile 24 heures sur 24, sauf aux fins de son travail et de sa thérapie. Pour les derniers mois de sa peine, l'accusé devra respecter un couvre-feu entre 22h et 6h.
Le trentenaire devra fournir un échantillon d'ADN et il sera inscrit à vie au registre des délinquants sexuels. Il ne devra plus utiliser d'ordinateurs durant sa peine ni communiquer avec la victime à l'époque âgée de 14 ans. Patrick Brunet ne pourra se trouver en présence de personnes d'âge mineur, à l'exception de ses enfants, sauf en présence d'un adulte. Après sa peine, il devra se soumettre à une probation de trois ans et à un suivi de 24 mois.