Police de Québec: service réduit et morosité

Bernard Lerhe, président de la Fraternité des policiers... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Bernard Lerhe, président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec

Le Soleil, Steve Deschênes

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(Québec) La police de Québec peine à maintenir les services de première ligne depuis les récentes réductions de personnel, s'insurge le syndicat. En fin de semaine, 36 patrouilleurs ont dû effectuer des quarts de travail supplémentaires pour atteindre l'effectif minimum requis sur le territoire. Déjà, certains envisagent un long hiver.

«Les gens sont découragés. Les policiers coupés sont des ressources terrain. C'est sûr que ça a un impact sur les patrouilles.» Le commentaire vient d'un agent d'expérience, qui préfère garder l'anonymat. Ses propos témoignent d'un état d'esprit qui commence à gagner les troupes.

«On n'a plus le temps de patrouiller comme on voudrait. On jongle entre les plaintes des citoyens et les demandes des boss. Par exemple, la sécurité routière est beaucoup mise de côté», indique le policier.

Ce dernier souligne que certains appels d'urgence prennent beaucoup plus de temps à répondre que d'habitude à cause du manque d'effectif. Par exemple, ceux concernant des alarmes pour vol et des plaintes pour bruit ou désordre.

Le président de la Fraternité des policiers et policières de la Ville de Québec, Bernard Lerhe, confirme avoir reçu des courriels de membres qui ont fait de semblables constatations. Pour lui, la particularité de la situation est que les heures supplémentaires de la fin de semaine ne sont pas attribuables à une charge de travail additionnelle ponctuelle comme un festival ou une opération planifiée. De plus, octobre n'est pas un mois affecté par de nombreuses vacances.

Manque de surveillance

«C'est sûr que le climat est plus morose et que les gens sentent qu'on les freine dans le travail qu'ils devraient faire. Il n'y a plus de temps pour faire des opérations particulières comme des barrages routiers pour l'alcool au volant ou cibler des secteurs problématiques pour le vol», énumère M. Lerhe. Avant même les coupes, des propriétaires d'entreprises se plaignaient du manque de surveillance.

La coupe de 36 policiers temporaires à la fin septembre est intimement liée à la situation actuelle, clame le président. Comme plusieurs de ses membres, il appréhende maintenant les 22 autres coupes en vigueur à compter du 20 octobre. Au total, ce sont donc 58 temporaires qui partiront cet automne. Du «jamais-vu», selon le syndicat.

«Trente-six demandes de temps supplémentaire en une fin de semaine, c'est énorme. Imaginez ce que ce sera lorsque les autres partiront d'ici 10 jours», conclut M. Lerhe.

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