La décision a été entérinée, mercredi après-midi, par le Conseil des ministres. À 52 ans, 53 en décembre, Richard Deschesnes a été nommé directeur général de la police provinciale en juillet 2008. Son contrat de cinq ans devait prendre fin en 2013.
Au sein de l'organisation, cette décision politique a pris tout le monde par surprise, d'autant plus que le mandat du dg se terminait dans un peu plus de six mois. «Nous avons appris la nouvelle cet après-midi seulement. Personne ne l'a vu venir. C'est une onde de choc», confie une personne qui gravite dans l'entourage professionnel de M. Deschesnes.
L'ex-numéro un semblait avoir été avisé avant la journée de mercredi. Il a d'abord rassemblé son état-major, puis a fait part de la nouvelle au reste de son cabinet. L'annonce a été émotive pour tout le monde, y compris M. Deschesnes. Celui-ci paraissait déçu, raconte notre interlocuteur, précisant qu'il était apprécié de son personnel et de ses pairs.
Le président du syndicat des policiers de la SQ, Pierre Veilleux, a aussi été pris par surprise. «À ce stade-ci, je ne vois pas un dossier qui aurait pu pousser le gouvernement à mettre fin à son mandat. M. Deschesnes a fait un très bon travail. Je tiens personnellement à le remercier.»
M. Deschesnes doit revenir au bureau jeudi et vendredi pour fermer les livres. Avant d'être nommé dg en 2005, il était spécialiste des mesures d'urgence. Il s'était fait connaître en 2001 à titre de coordonnateur des opérations de sécurité au Sommet des Amériques.
En entrevue au Soleil en début d'année, M. Deschesnes se disait particulièrement fier de l'amélioration du bilan routier 2011 sur le territoire de la SQ au cours duquel le nombre de jeunes qui ont perdu la vie avait diminué de près du quart.
Il parlait aussi de son intention d'intensifier la lutte contre le crime organisé à l'extérieur des centres urbains. «Ma vision de la police, c'est une police forte dans des régions fortes», disait-il.
En avril, il participait, en compagnie du ministre de la Sécurité publique d'alors, à une conférence pour annoncer que la SQ quadruplait presque son effectif pour lutter contre la cyberpédophilie.
Retour au bercail
Mario Laprise, 54 ans, effectue un retour au bercail. Ce policier de 33 ans d'expérience a débuté en 1979 comme patrouilleur à Havre-Saint-Pierre. Il est devenu enquêteur à Baie-Comeau, puis a travaillé au renseignement criminel à Montréal à partir de 1990.
En 1996, il devenait capitaine, responsable de l'escouade Carcajou, créée pour lutter contre les motards criminels. De 1998 à 2005, il était inspecteur à l'Escouade régionale mixte, toujours contre le crime organisé.
Depuis huit ans, il était directeur principal de la sécurité industrielle chez Hydro-Québec. Il était entré en poste peu de temps après la diffusion d'un reportage de Radio-Canada portant sur les lacunes de sécurité relevées autour des installations de la société d'État.
M. Veilleux, représentant de 5400 policiers, indique que M. Laprise peut compter sur son entière collaboration. «Je ne le connais pas, mais je sais qu'il a fait des enquêtes de haut niveau et qu'il est capable de faire une bonne job.»
Il compte dès jeudi travailler à une éventuelle rencontre pour discuter de certaines préoccupations. Parmi elles, une hausse de l'effectif sur les routes. «C'est bien les enquêtes spécialisées. Cependant, il faut garder un équilibre avec la patrouille. Le parc automobile augmente, et il y a de plus en plus de règlements. Il faut des gens pour les appliquer», conclut-il.