VIH-sida: jugement attendu à Québec

Steve Biron est accusé d'avoir eu des relations... (Le Soleil, Martin Martel)

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Steve Biron est accusé d'avoir eu des relations non protégées avec ses partenaires, tout en se sachant porteur du VIH.

Le Soleil, Martin Martel

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(Québec) Le jugement rendu par la Cour suprême n'est pas sans rappeler les accusations portées contre Steve Biron, un individu de Québec accusé d'avoir eu des relations sexuelles non protégées avec 15 hommes, se sachant porteur du VIH.

L'histoire avait créé tout un émoi à la fin 2010 lorsque la police avait arrêté l'homme aujourd'hui âgé de 34 ans. Un des plaignants avait appris par hasard que Biron était atteint du VIH. D'autres victimes s'étaient manifestées avec la médiatisation de l'affaire.

Biron recrutait ses partenaires sur des sites gais. Il s'agissait de rencontres sexuelles très rapides, selon les déclarations des plaignants. Biron était déjà nu dans son lit lorsque les futurs partenaires se présentaient chez lui. «La porte était déverrouillée et l'on se rendait directement à la chambre», selon la déclaration faite à la police par un plaignant. «On entre, on baise, on part», a écrit un autre plaignant.

Biron fait face à des d'accusations d'avoir commis des voies de fait graves en mettant la vie en danger et d'agression sexuelle en mettant en danger la vie de ses victimes.

Pratique risquée

Dans cette affaire-ci, il est allégué que Biron ne portait pas le condom. Aucun information n'est actuellement disponible sur la charge virale que présentait l'accusé au moment des actes reprochés. Jusqu'à présente, aucune victime ne semble avoir contracté la maladie.

Cette histoire avait fait la lumière sur une pratique marginale, mais quand même existante dans certains milieux gais : le barebacking. Il s'agit d'une pratique sexuelle qui implique une pénétration sans condom.

Lors de la remise en liberté provisoire de l'accusé en août 2011 - après un premier refus en décembre 2010 -, le juge Richard Grenier s'était même interrogé à haute voix sur la part de responsabilité des victimes, qui ont accepté d'avoir des relations non protégées avec un inconnu.

«Est-ce qu'une personne sensée va se satisfaire de la simple réponse que lui donne cette personne? Est-ce qu'elle n'a pas une part de responsabilité elle aussi? Je pense que oui... Les gens qui tombent dans ce piège-là sont aussi victimes de leur audace.»

L'avocat de Biron, Me Denis Bernier, ne pouvait commenter le jugement rendu par la Cour suprême, hier, puisqu'il n'en avait pas encore pris connaissance.

Steve Biron doit revenir devant la Cour jeudi pour fixer la date de son procès qui devrait se dérouler au printemps.

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