À l'époque, l'accusé et sa conjointe avaient créé des sites Internet portant sur les chanteuses Hillary Duff et Britney Spears. La victime avait communiqué avec eux pour obtenir des informations sur l'une d'elles.
Elle a ensuite échangé des courriels avec Pilon et ils ont clavardé durant quelques mois. Progressivement, leurs échanges sont devenus plus intimes, l'individu se faisant de plus en plus insistant pour rencontrer l'adolescente, dont il connaissait parfaitement l'âge, et pour avoir une relation sexuelle avec elle.
La procureure de la Couronne, Me Rachel Gagnon, avait réclamé une peine de six à neuf mois de prison pour Pilon, alors que son avocat, Me Gervais Labrecque, favorisait plutôt une peine purgée dans la collectivité, se disant d'avis que l'individu ne peut être considéré comme un prédateur sexuel. Or, le juge Christian Boulet a estimé qu'en raison de la planification du crime durant neuf mois, la responsabilité morale de l'accusé était très importante.
Au moment du délit, a par ailleurs rappelé le magistrat, l'homme sans antécédents judiciaires qui venait de rompre avec sa conjointe éprouvait du rejet. Selon le rapport présentenciel, qui lui est favorable, Pilon fait preuve d'immaturité affective et ses délits se révélaient surtout circonstanciels.
Le juge Boulet a d'autre part observé que la victime n'a conservé aucune séquelle des événements. Quant à lui, Pilon éprouve du remords pour ses gestes et de l'empathie pour l'adolescente. Il ne présente aucune déviance et, somme toute, le risque de récidive de sa part est considéré comme faible.
Après évaluation de tous ces facteurs, le magistrat estimait qu'une peine purgée dans la collectivité ne mettra pas en danger la sécurité du public. Durant la moitié de cette peine, Pilon devra se trouver chez lui 24 heures sur 24 et, durant les six autres mois, il devra y être entre 22h et 7h. Évidemment, il lui sera interdit de communiquer avec la victime.
Par la suite, il sera en probation durant trois ans. Le juge a également ordonné le prélèvement d'échantillons de substances corporelles aux fins d'analyse génétique et il a enjoint à Pilon de se conformer à la Loi sur l'enregistrement de renseignements sur les délinquants sexuels.