Depuis le 15 avril, date d'entrée en vigueur de cette réglementation au Québec, pas moins de 550 automobilistes âgés de 21 ans ou moins ont été surpris par des policiers à conduire alors qu'ils avaient de l'alcool dans le sang.
Cela représente un peu plus de trois arrestations par jour. Ces chiffres ont été fournis au Soleil, lundi, par la Société de l'assurance automobile du Québec.
Ces statistiques surprennent à peine, alors que la police de Québec a indiqué que quatre automobilistes de 21 ans ou moins ont été appréhendés dans l'arrondissement de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge au cours de la fin de semaine, alors qu'ils conduisaient après avoir consommé de l'alcool.
Deux d'entre eux ont présenté un taux d'alcoolémie supérieur à la limite permise par le Code criminel, ce qui veut dire qu'ils devront fort probablement se défendre aussi d'accusations criminelles. Un de ces automobilistes a même échoué à l'alcootest en raison d'un taux deux fois plus élevé que ce que permet le Code criminel.
Permis suspendu pour 90 jours
La réglementation en vigueur depuis le 15 avril stipule qu'un automobiliste pris en défaut à propos de la mesure zéro alcool voit son permis suspendu sur-le-champ pour une période de 90 jours, en plus de voir quatre points d'inaptitude inscrits à son dossier de conduite s'il est déclaré coupable. Il s'expose aussi à une amende variant entre 300 $ et 600 $.
«En discutant avec nos policiers, on s'aperçoit qu'il n'est pas rare de voir que des jeunes soumis à cette règle de zéro alcool se font arrêter alors qu'ils sont lourdement intoxiqués par l'alcool, raconte la porte-parole de la police de Québec. On parle parfois de jeunes qui présentent un taux deux fois, deux fois et demie au-dessus de la limite permise.»
Mme Viel rappelle que plusieurs milliers d'automobilistes de 21 ans ou moins pouvaient conduire en ayant bu modérément quand ils ont obtenu leur permis de conduire régulier, au cours des dernières années.
Il leur suffisait de prendre le volant en ayant moins de 80 mg d'alcool par 100 ml de sang, comme le permet le Code criminel. Mais depuis le 15 avril, ce droit leur a été enlevé et ils sont soumis jusqu'à ce qu'ils aient 22 ans à cette nouvelle règle du jeu.
«Ce changement au statut des automobilistes de 21 ans ou moins représente peut-être une raison pour expliquer le nombre de jeunes arrêtés en vertu de la mesure zéro alcool, indique Mme Viel. Mais en même temps, nul n'est censé ignorer la loi.»
Pour la représentante pour la région de Québec des Mères contre l'alcool au volant (MADD), Manon Blondeau, ces 550 arrestations démontrent que les jeunes sont téméraires.
«On dirait que les jeunes refusent de changer leur comportement tant et aussi longtemps qu'il ne leur arrive pas malheur dans leur quotidien ou à un proche. Ce chiffre de 550, c'est beaucoup trop. Visiblement, le message ne passe pas chez eux. Et franchement, des fois, je me demande comment on va faire pour que le message se rende à eux et qu'ils le comprennent.»