Cassista exerçait une emprise psychologique sur les jeunes vivant avec lui

Herman Cassista, déjà condamné en 2011 pour avoir... (Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche)

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Herman Cassista, déjà condamné en 2011 pour avoir agressé sexuellement un adolescent, a plaidé coupable en mars à des accusations d'en avoir agressé sexuellement neuf autres.

Photothèque Le Soleil, Patrice Laroche

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(Québec) Dans la «commune» qu'il avait fondée à Saint-Tite-des-Caps, Herman Cassista exerçait une importante emprise psychologique sur les jeunes garçons qui y vivaient, certains ayant été placés là par la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) en collaboration avec le diocèse. Lorsqu'ils accédaient au marché du travail, l'emprise du «bienfaiteur» devenait aussi financière, car ses jeunes disciples devaient lui remettre leurs payes en entier, en plus de subir ses ardeurs sexuelles.

Ce sont des précisions qu'a apportées jeudi la procureure de la Couronne, Me Valérie Lahaie, lors des représentations sur la peine à infliger à l'ancien diacre âgé de 69 ans. Déjà condamné en 2011 pour avoir agressé sexuellement un adolescent, Cassista a plaidé coupable en mars à des accusations d'en avoir agressé sexuellement neuf autres. Les événements en cause se sont déroulés entre 1972 et 1991.

Après avoir longtemps refusé de le faire, le pédophile a finalement admis avoir fait des gestes de sodomie, en plus de ceux de fellation et de masturbation, ce qui a évité aux victimes d'avoir à témoigner devant le juge Carol St-Cyr. Chacun de ces hommes, sauf un, qui s'est suicidé en 1986, avait rédigé des déclarations dont Me Lahaie a fait la lecture.

Il s'en dégage que la majorité des jeunes ayant séjourné ou vécu à la «commune» le faisaient de leur plein gré. Celui que plusieurs avaient connu à l'école secondaire Les Compagnons-de-Cartier, où il était animateur de pastorale, disait faire à la «commune» la promotion de la religion catholique. D'ailleurs, des représentants du diocèse y tenaient parfois des réunions.

Le diacre offrait de l'écoute aux jeunes garçons et il gérait toutes les sphères de leurs vies, leur interdisant entre autres de fréquenter des filles. À leur départ de la «commune», plusieurs jeunes se retrouvaient complètement démunis, sans le sou, puisqu'ils remettaient toutes leurs payes à Cassista.

Règlement à l'amiable

Parmi eux, deux frères, dont le jeune qui s'est suicidé, ont dénoncé au diocèse les exactions de Cassista et il appert que les autorités se sont contentées d'essayer d'«arranger les choses». Une poursuite civile a même été intentée et elle s'est conclue par un règlement à l'amiable.

Un autre adolescent a aussi dénoncé Cassista à la DPJ après avoir fait une fugue. Pour toute réponse, il a été retourné à la «commune» de l'animateur de pastorale.

La consommation d'alcool était fréquente à Saint-Tite et il appert qu'il était prestigieux d'avoir accès à la couche de Cassista, tellement son magnétisme agissait sur ses «protégés». Les plus jeunes à avoir été abusés avaient 12 ans et les plus âgés étaient au début de la vingtaine. L'un d'eux en a été victime durant 10 ans.

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