Militaires accusés pour propos haineux sur Facebook

Dominique Laliberté a été atteinte au visage lors... (Photo Carl Laprise)

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Dominique Laliberté a été atteinte au visage lors d'une manifestation à Victoriaville, alors qu'elle et son ami Pierre Léveillé s'éloignaient du grabuge. Fachowatch.com rapportait que des propos haineux avaient été dirigés directement à son endroit sur les médias sociaux.

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Conflit étudiant

Le gouvernement de Jean Charest a décidé d'augmenter les droits de scolarité de 1625 dollars en cinq ans, une hausse décriée par des dizaines de milliers d'étudiants. »

(Québec) Au moins quatre militaires de Valcartier subiront un procès sommaire pour des propos haineux tenus au printemps sur les réseaux sociaux pendant la crise étudiante.

«Ouais manifester a Aushwitz, dans les petite chambre spéciale bande de connard, on va les réouvrir juste pour vous! [sic]»

C'est ce genre de commentaires publiés sur Facebook en mai qui a fait l'objet d'une enquête menée par l'armée. «Les accusations sont de nature disciplinaire pour avoir porté préjudice au bon ordre et causé un discrédit aux Forces canadiennes», explique la capitaine Julie Brouillette, officière des affaires publiques du 5e Groupe brigade mécanisé du Canada (5e GBMC).

Les soldats subiront un procès sommaire. Ce type de comparution «a pour objet de rendre justice de façon prompte et équitable à l'égard d'infractions d'ordre militaire mineures et de contribuer au maintien de la discipline et de l'efficacité militaire», cite Mme Brouillette, se référant aux ordonnances et règlements royaux applicables aux Forces canadiennes.

Parmi les propos recueillis à l'époque par Fachowatch.com, un site qui dit faire la lutte contre les idées fascistes, certains s'attaquaient directement aux individus.

«Bien fait pour cette connasse», lisait-on au sujet de Dominique Laliberté, une étudiante de l'Université Laval blessée lors d'une manifestation tenue à Victoriaville pendant un congrès du Parti libéral. La dame a subi une multiple fracture à la mâchoire et a perdu plusieurs dents après avoir été atteinte par un objet.

«Din dent chienne de hippie communiste [sic]», ajoutait un autre internaute. «Est chanceuse, c juste une dent attender que larmer debarque aik nos 12 a balle de rubber vs allez vous calmer les nerfs jpense [sic]», renchérissait un troisième.

«Only the strong survive, les petits communistes trop fifi, vous manifestez, bin assumez. Il faudrait un système national-socialiste [pour envoyer] au camp de concentration les faibles [...] [sic]»

Peines variables

Pour avoir écrit ces lignes, les militaires visés s'exposent à des peines variables: une réprimande, une amende allant jusqu'à 25% de la solde mensuelle, le confinement aux quartiers pendant 14 jours, l'exécution de travaux et d'exercices supplémentaires pendant sept jours ou la suppression de congés jusqu'à 14 jours.

«Nous avons depuis longtemps une politique d'utilisation des médias sociaux. Mais depuis les événements, le commandant du 5e GBMC, le colonel Stéphane Lafaut, a passé un message à l'interne pour rappeler aux soldats comment ils doivent se comporter», précise l'officier Brouillette.

Les procès seront tenus en octobre au sein de l'unité d'appartenance des militaires pris en défaut.

Première vague de colère

Un mois avant les incidents survenus sur Facebook, des militaires avaient aussi fait parler d'eux pour avoir tenu des propos similaires. Cette fois, ils étaient en colère parce que des partisans pour le gel des droits de scolarité avaient apposé des carrés rouges sur le monument militaire place George-V de la Grande Allée en mémoire des soldats du Royal 22e Régiment morts au combat pendant les deux grandes guerres et celle de Corée.

Un internaute, qui disait travailler pour l'infanterie de l'armée canadienne, avait affirmé sur son compte Facebook qu'il souhaitait s'en prendre physiquement aux étudiants qui ont laissé ces carrés rouges.

«Eille, les étudiants braillards, vous auriez pas dû mettre vos criss de carrés rouges sur notre insigne régimentaire du r22r!, a-t-il écrit. Vous êtes des asti de fif, pis j'espère que grâce à Facebook, vous allez voir mon commentaire. Vous voulez vous frotter aux militaires, vous aller en manger une criss! Aucune pitié pour vous autres gang de vermine. Votre carré rouge, on va vous l'enfoncer dans la gorge! Fuck you all! [sic]»

Un autre membre des Forces écrivait : «Aux armes!!!! La chasse au p'tits cons sans jugement est ouverte. [...] Bande de sans génie... [sic]»

Les deux incidents avaient fait réagir le maire de Price, militaire à la retraite, Laurent Émond. Le vétéran, qui a participé à trois missions sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, considère que de tels comportements «noircissent la réputation des soldats».

Lui-même s'était dit en faveur du combat mené par les étudiants, tout en leur demandant le respect des symboles militaires. Après avoir vu dans les médias le monument couvert de carrés rouges, il avait fait le voyage jusqu'à Québec pour observer une minute de silence à la mémoire de ses frères d'armes décédés.

ORDONNANCES ET RÈGLEMENTS DES FORCES CANADIENNES

19.14 - COMMENTAIRES DÉPLACÉS

(2) Aucun officier ou militaire du rang ne doit faire ni ne doit dire quoi que ce soit qui,

vu ou entendu par un membre du public, pourrait jeter le discrédit sur les Forces canadiennes ou sur l'un de ses membres.

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