Poursuite de 100 millions$ contre la Financière agricole

L'avocat Gérard Samet (à gauche) est accompagné de... (LE SOLEIL, JOCELYN BERNIER)

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L'avocat Gérard Samet (à gauche) est accompagné de fermiers participant au recours conjoint.

LE SOLEIL, JOCELYN BERNIER

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(Québec) «La Financière agricole, c'est comme une truie qui mange ses petits.» C'est ainsi que décrit le fermier Simon Marceau, de Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, l'organisme financier ayant pour mission de soutenir et de promouvoir le développement du secteur agricole. «Elle nous prête de l'argent pour finalement nous faire fermer», déplore-t-il.

L'industrie porcine a vécu des temps durs ces dernières années, plusieurs producteurs ayant été obligés de déclarer faillite, faute de revenus suffisants. Aujourd'hui, plusieurs d'entre eux tiennent pour responsable la Financière agricole du Québec. Un recours conjoint, auquel participent 11 fermiers jusqu'à maintenant, a d'ailleurs été déposé en Cour supérieure, vendredi, au palais de justice de Québec. Les demandeurs réclament un total de 100 millions $ pour réparer leur préjudice.

Simon Marceau est l'un d'eux. Avec son fils, André, il a tout perdu: sa maison, sa voiture, son travail et, surtout, sa fierté, sa ferme ancestrale de cinq générations de Marceau. Comme les autres agriculteurs de la poursuite, il accuse la Financière agricole d'avoir réduit volontairement l'assurance stabilisation des revenus agricoles, qui lui permettait de compenser la chute des cours du porc, à la faveur des grandes entreprises et au détriment des indépendants comme lui.

«La Financière en 2008 nous a coupé 75 $ de la truie plus 6,20 $ du cochon. Une ferme comme la nôtre, ça représentait autour de 80 à 85 000 $ de moins à avoir.» Le tout, ajoute-t-il, alors que le prix du porc baissait et que celui de la moulée grimpait. Croulant sous les dettes, M. Marceau a perdu sa ferme le 6 avril 2011. Il évalue son préjudice à quelque 6 millions $ aujourd'hui.

Jean Caron, de Laurierville, a lui aussi vécu passablement les mêmes difficultés financières, de même que ses voisins. «Dans la région où je suis, dans un rayon de cinq kilomètres, on était cinq fermes familiales en 1997. Aujourd'hui, elles sont toutes fermées ou rachetées par d'autres personnes à perte. Moi, j'ai eu 25 cents dans la piasse», raconte celui qui dit être passé «de héros à zéro» en perdant tout ce qu'il avait bâti au fil des ans avec sa famille.

Une centaine de producteurs porcins se sont rassemblés sous le nom des Agriculteurs lésés par la Financière agricole. Ils pourraient tous se joindre à la poursuite prochainement, suivant les conseils de l'avocat Gérard Samet. Une première audience est prévue le 10 octobre, et le tout sera plaidé au printemps prochain, à moins d'un règlement.

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