Le juge Christian Boulet a ainsi entériné la suggestion de peine que lui faisaient le procureur de la Couronne, Me Maxime Dion, et l'avocat de l'inculpé, Me Sébastien Proulx. Le magistrat a reconnu que Keven Boivin, de Baie-Saint-Paul, a fait un «important bout de chemin» en vue de devenir un actif pour la société.
Le juge Boulet a toutefois prévenu le jeune homme qu'il ne pourra plus invoquer la consommation de drogue pour expliquer d'éventuels délits. Au moment où il a commis ceux pour lesquels il a plaidé coupable, il appert en effet que Boivin traversait une période sombre de sa vie, au point où il ne distinguait plus le bien du mal.
«J'ai compris durant ma détention... j'ai vu des choses que je pensais ne jamais voir», a déclaré Boivin au juge. À la suite de son arrestation, il y a un an, le jeune homme a obtenu d'être envoyé en thérapie pour sa consommation de stupéfiants.
Il y est demeuré six mois, après quoi il a purgé six mois de détention provisoire. Au cours des prochains mois, il retournera d'ailleurs en thérapie, y purgeant au moins le tiers de sa peine avec sursis.
Il appert que la vie de Boivin a basculé à l'âge de 11 ans, lorsqu'il a fait la rencontre de son père biologique, un criminel notoire qui possède toujours des causes pendantes d'agression sexuelle et de voies de fait graves. Dès ce moment, le jeune Boivin s'est mis à consommer des drogues de toutes sortes. La prochaine étape aurait été de passer à la consommation par injection, a indiqué son avocat.
Pas une personnalité criminelle structurée
Évidemment, son cheminement scolaire s'en est ressenti et le jeune homme n'a pu compléter qu'une deuxième secondaire. Selon l'agent de probation qui a considéré Boivin comme «récupérable», celui-ci ne possède pas une personnalité criminelle structurée.
Durant la moitié de sa peine, il devra se trouver 24 heures sur 24 à sa résidence ou à la maison de thérapie et, durant la seconde moitié, il sera soumis à un couvre-feu entre 22 h et 7 h. À la suite de sa peine, Boivin sera en probation durant trois ans.
Tant durant sa peine que durant sa probation, il lui sera interdit de communiquer avec ses complices et ses victimes, de consommer de l'alcool ou de la drogue, ainsi que de posséder un cellulaire. Le juge Boulet lui a en outre interdit de posséder des armes à vie et il a ordonné le prélèvement d'échantillons de substances corporelles aux fins d'analyse génétique.