Légionellose: le fils d'une victime décédée en 1996 veut intenter un recours collectif

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Le fait que les six décès récents reliés à la légionellose à Québec soient traités comme un phénomène nouveau a déclenché la colère de Martin Courcy (photographié ici en 2001), dont la mère est morte de cette maladie.

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Dominique Hardy
Le Soleil

(Québec) Encore en colère du décès de sa mère causé par la légionellose en 1996, Martin Courcy lance un appel aux victimes de cette pneumonie à bactérie, afin d'intenter un recours collectif à l'endroit du gouvernement du Québec pour négligence à la suite de son inaction après la publication d'un rapport en 1997 du Centre de santé publique de Québec.

«Aujourd'hui [vendredi], j'ai passé la journée à penser à maman», raconte Martin Courcy, fils de Yolande Courcy, décédée en 1996 à l'âge de 72 ans de la maladie du légionnaire. «Avec ces événements-là, tu ne peux pas faire autrement que de repenser à tout ça. Quand c'est arrivé en 1996, j'étais en maudit de la négligence des gens. Quand j'ai vu ce qui se passait à Québec cet été, cette colère-là est revenue. Ça, en termes cliniques, on appelle ça un stress post-traumatique. Ça veut dire que je me rends compte que la colère que j'ai vécue en 1996, elle est encore là, pleine et entière. C'est pour cette raison que j'ai envie de faire un recours collectif.»

Yolande Courcy a vécu toute sa vie dans le quartier Limoilou. Son rêve était de s'installer en haute ville. Au printemps 1996, ses enfants l'avaient aidée à déménager dans un logement près du Grand Théâtre. Elle est décédée en juin, soit quelques semaines après avoir emménagé dans son nouveau logement.

«Si elle n'était pas déménagée de Limoilou à la haute ville, elle ne serait pas morte.» La légionellose a été foudroyante à l'endroit de Mme Courcy. Elle a été hospitalisée et, deux jours plus tard, elle en payait le prix de sa vie, car les antibiotiques n'ont pas eu l'effet escompté.

À cette époque, la souche de la légionellose avait été identifiée à l'édifice Place Québec de la côte Honoré-Mercier. Les vents étaient favorables au déplacement de la bactérie. «Place Québec avait mis en marche son système de climatisation sans nettoyer les bassins d'eau stagnante, rappelle M. Courcy. Automatiquement, ça amène des bactéries dans l'atmosphère.»

Ce qui fâche cet homme, psychologue de formation, ayant travaillé à plusieurs reprises sur des recours collectifs à titre d'expert, c'est que les six décès récents reliés à la légionellose à Québec soient traités comme un phénomène nouveau.

«Il y a de la négligence, colère-t-il. Si nous étions dans un autre pays, ces gens-là seraient poursuivis au civil et au criminel pour négligence. En 1996, plusieurs personnes ont été malades et il y a eu un mort. Cette année-là, le gouvernement aurait pu prendre des décisions. Là, on se retrouve en 2012, et il y aura plus de six morts. C'est de la négligence et ils sont responsables de ces morts-là.»

En 1996, c'est Jean Rochon qui était ministre de la Santé sous un gouvernement péquiste. Après le décès de sa mère, Martin Courcy a écrit au propriétaire de Place Québec. Il n'a reçu aucune réponse. Il avait alors pris la décision de poursuivre le propriétaire, mais aucun médecin n'a voulu servir d'expert dans cette cause prétextant que Mme Courcy était une personne vulnérable en raison de son âge, de sa consommation de tabac et de son diabète.

Les coûts liés à une telle poursuite auraient été plus importants que la somme que Martin Courcy et sa famille auraient pu recevoir à titre de dédommagement. «Cette gang-là, ils sont prêts à sacrifier les personnes vulnérables et les personnes âgées.»

Recommandations abandonnées

Après la mort de Yolande Courcy, des responsables du Centre de santé publique du Québec et du gouvernement se sont engagés de façon morale à l'endroit de la famille de la défunte afin que les infections à la légionellose soient éradiquées. Lors de la publication d'un rapport avec des recommandations en 1997, la mort de Mme Courcy n'était mentionnée que dans les documents en annexe, avance son fils.

Selon lui, un recours collectif, représentant les victimes ayant contracté la maladie du légionnaire en 1996 et celles de cet été, est envisageable. «Il y a une pertinence de le faire et de faire payer ceux qui n'ont pas pris leurs responsabilités», signale Martin Courcy.

Il attend maintenant que les victimes et leurs familles entrent en communication avec lui pour commencer à préparer le processus judiciaire.

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