Vendredi matin, au palais de justice de Québec, la juge Hélène Bouillon a reconnu cet homme de 60 ans coupable d'avoir agressé sexuellement une fillette d'une douzaine d'années. Les faits reprochés se sont déroulés dans un domicile privé de Lévis au milieu des années 80, où Caron et ses élèves de karaté s'étaient réunis, comme ils le faisaient régulièrement après une séance d'entraînement.
Quand la victime a décidé d'aller se coucher, l'homme est allé la rejoindre à différents moments au cours de la soirée, afin de la caresser aux organes génitaux et aux seins, mais également pour tenter de la pénétrer et pour commettre d'autres gestes à caractère sexuel.
Après les faits, la victime n'a partagé qu'avec ses proches immédiats ce terrible secret, mais c'est finalement en apprenant que Caron était toujours actif dans le domaine du karaté en Mauricie, à la fin de 2010, qu'elle a décidé de le dénoncer à la police.
«Ces parents-là [de Trois-Rivières], ils lui faisaient confiance, comme ma mère lui a fait confiance dans le temps», a indiqué la victime, lors d'un court entretien avec les journalistes, pour expliquer sa décision de porter plainte plus de 25 ans après les faits.
Aveux et promesse
Plusieurs années après l'agression, Caron aurait avoué à la mère de la plaignante qu'il avait bel et bien agressé sa fille, mais il lui aurait assuré qu'elle était la seule victime. Caron aurait aussi affirmé à la mère de la victime qu'il voulait déménager à Trois-Rivières et qu'il cesserait d'enseigner le karaté aux enfants et aux adolescents.
Que ce soit durant son adolescence ou sa vie adulte, la victime a souvent ressenti de la culpabilité de ne pas avoir dénoncé Caron plus rapidement. Elle avait tellement peur qu'il s'en prenne à d'autres, notamment en raison de sa facilité à tisser des liens forts avec les jeunes.
«Au karaté, le monde le voyait comme une idole, se remémore-t-elle. [...] Je sais pas combien de fois c'est arrivé qu'on était en public et que je pensais: "Mon Dieu, j'ai le goût de me lever et de crier que c'est un trou de cul!"»
Libérée par le verdict
La plaignante aujourd'hui âgée de 39 ans a dit se sentir littéralement libérée, vendredi, quand la juge a expliqué dans la salle d'audience qu'elle croyait la victime, car celle-ci avait livré un témoignage hautement crédible à la cour. La juge a ensuite demandé à Caron de se lever, pour le reconnaître coupable du chef d'accusation qui était porté contre lui.
«Juste qu'on me croie», a expliqué celle qui est maintenant mère de famille. «C'est pas la sentence qu'il va avoir qui est importante. Il y a quelqu'un qui m'a cru à quelque part, qui réalise que c'est grave ce qu'il m'a fait.»
Après le verdict rendu par la juge, les avocats de la Couronne et de la défense, Valérie Lahaye et Serge Goulet, se sont entendus pour revenir devant le tribunal le 1er février, pour l'étape de la représentation sur la peine.
À ce jour, Caron, qui habite toujours à Trois-Rivières, a seulement été accusé au criminel pour son implication dans cette affaire. En janvier 2011, la police de Lévis avait d'ailleurs lancé un appel pour inciter les victimes potentielles à porter plainte contre Caron, mais aucune accusation supplémentaire n'a été déposée depuis.