Violence conjugale: des organismes d'aide réclament plus de formation

Carl Thériault, collaboration spéciale
Le Soleil

(Québec) Le drame conjugal survenu à Rimouski qui a fait une victime en fin de semaine incite le Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale du Québec à interpeller les partis politiques. Le gouvernement du Québec devait déposer à l'automne un troisième plan d'action.

Le Québec sort d'un été plutôt sombre en matière de violence conjugale avec le meurtre d'une femme à LaSalle en juillet, celui de deux enfants à Warwick et celui de Martine Giguère, 42 ans, samedi dernier à Rimouski. Dans les trois cas, l'auteur présumé du meurtre est le conjoint, l'ex-conjoint ou le père.

«Nous avons insisté sur l'importance d'une formation continue pour les policiers afin de les aider à distinguer entre une chicane de couple et la violence conjugale. Il faut aussi regarder le fonctionnement des tribunaux de la famille quand une femme porte plainte au criminel pour violence conjugale par rapport au fait que l'ex-conjoint ait des droits de visite, ce qui met une femme en danger ainsi que les enfants. Il y a aussi la formation des juges et des avocats», précise Nathalie Villeneuve, présidente de ce regroupement de 47 maisons d'aide et d'hébergement au Québec.

Bien évaluer

«Quand une femme dénonce des faits auprès de la police et qu'il n'y a pas assez de preuves, la femme est encore plus en danger. C'est leur plus grande peur. Dans certains cas, des femmes risquent d'être tuées, avant d'avoir pu rappeler», déplore Nathalie Villeneuve, d'où «l'importance de bien évaluer chaque situation et son historique».

Un projet-pilote, à la Maison La Séjournelle à Shawinigan, élargi à la région et visant à établir un modèle d'actions pour améliorer la sécurité des victimes de violence conjugale et de leurs proches, est mis en oeuvre depuis 2010. «On arrive à faire baisser le niveau de danger [...] mais on veut tester notre projet dans d'autres régions, qui sont en attente de financement», souligne Louise Riendeau du Regroupement des maisons de femmes.

En 19 mois, du 1eravril 2010 au 30 novembre 2011, sur 290 situations évaluées, 27cas présentaient des motifs raisonnables de croire à des risques de mort et de blessures graves incluant les risques suicidaires, soit 9%, mais de tels risques pouvaient être soupçonnés dans 62%.

Dénonciations en hausse

Plus de crimes associés à la violence conjugale ont été l'objet d'un traitement de la part des services policiers, ce qui implique qu'un plus grand nombre de victimes a fait confiance au système judiciaire pour assurer leur sécurité, conclut le rapport d'évaluation de ce projet-pilote. Les policiers ont également envoyé plus de victimes aux services d'aide.

Au Québec, plus de 19000plaintes dans un contexte conjugal ont été portées en 2010 auprès des forces policières, une hausse de 4 % par rapport à 2009. Les homicides ont diminué de 17 à 13.

Une enquête américaine des Centers for Diseases Control and Prevention, menée en 2010, montre l'ampleur de la violence dont sont victimes les femmes de la part d'un partenaire intime. En effet, une femme sur quatre (24,4%) a rapporté avoir été victime de violence grave de la part d'un conjoint au cours de sa vie.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer