Alcool au volant: agente correctionnelle incorrigible

«Je ne veux pas finir ma vie en...

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«Je ne veux pas finir ma vie en prison, je ne veux pas mourir, je veux arrêter», a déclaré Valérie Fouquet à la juge Marie-Claude Gilbert.

(Québec) À sa troisième accusation pour conduite avec capacité affaiblie par l'alcool en 28 mois, Valérie Fouquet n'a pu obtenir une nouvelle mise en liberté provisoire, jeudi, d'autant que l'agente des services correctionnels est aussi accusée d'avoir permis que des détenus du Centre de détention de Québec tabassent l'un des leurs.

En mars 2010 et novembre 2011, la femme de 39 ans a comparu en cour municipale pour ses premiers écarts de conduite. Ses taux d'alcoolémie étaient de 0,18 et 0,21.

Le 22 juillet, elle a de nouveau été arrêtée après avoir provoqué un accrochage avec un autre véhicule et avoir omis de s'arrêter. «Elle semblait très mêlée», ont alors déclaré des témoins. Son alcoolémie était encore de 0,18.

En avril, dans l'exercice de ses fonctions au centre de détention, elle a rejeté les demandes d'un détenu inculpé d'agression sexuelle qui voulait changer de secteur ou être enfermé dans sa cellule. Selon ce qu'a relaté jeudi le procureur de la Couronne, Me Cimon Senécal, l'agente correctionnelle aurait fermé les yeux lorsque sept détenus ont pénétré dans la cellule de l'agresseur sexuel pour le tabasser. «Bravo, tu l'as pas manqué!» aurait dit par la suite Valérie Fouquet à l'un des agresseurs.

À la suite de chacune de ces trois accusations, cette dernière avait obtenu une mise en liberté provisoire. Jeudi, son avocat, Me Jérôme Tremblay, a offert que la prévenue aille suivre une thérapie en attendant son procès.

Appelée à témoigner, Valérie Fouquet a reconnu avoir un problème de consommation d'alcool depuis l'âge de 19 ans. Elle a assuré avoir toujours voulu suivre une thérapie.

Depuis un an, d'ailleurs, elle consulte régulièrement un travailleur social. «Je ne veux pas finir ma vie en prison, je ne veux pas mourir, je veux arrêter», a-t-elle déclaré à la juge Marie-Claude Gilbert.

Selon Valérie Fouquet, elle se met à boire quand elle est seule et qu'elle s'ennuie. La mère monoparentale d'une fille avait le soutien de son employeur, qui l'avait reclassée au ministère de la Sécurité publique lorsqu'elle s'est vu interdire de se rendre au centre de détention.

Thérapie inappropriée

En plaidoirie, le procureur de la Couronne a souligné qu'avant d'être interceptée pour capacité affaiblie, Valérie Fouquet a failli provoquer plusieurs accidents. Selon Me Senécal, la thérapie de 28 jours qui était proposée n'était pas de nature à protéger la société, pour laquelle la prévenue représente un risque.

La juge Gilbert a tenu à préciser que sa décision n'avait rien à voir avec le statut d'agente des services correctionnels de Valérie Fouquet. Elle résultait plutôt des manquements de celle-ci à ses conditions de remise en liberté. La femme encourt une longue peine d'incarcération. «Il est permis de penser que sa motivation à suivre une thérapie est davantage liée à sa détention difficile en raison de son statut», a déclaré la juge Gilbert. De fait, la juge doutait de la réelle motivation de Valérie Fouquet puisqu'elle a manqué à ses engagements à répétition. L'orientation du dossier se fera le 27 août.

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