Pourtant, le témoignage du coroner n'a guère apporté d'éclairage supplémentaire sur l'affaire. Comme les deux policiers qui accompagnaient Jean-François Fournier, M. Malouin a soudain aperçu un sac contenant quelque trois grammes de cannabis aux pieds de l'individu. Au bout du compte, le juge René de la Sablonnière a reconnu Fournier coupable de l'accusation.
L'affaire avait pris naissance quelques minutes plus tôt à la place D'Youville. Deux policiers faisant une ronde à pied ont remarqué que le chien qui se trouvait avec Fournier n'avait pas de médaille. Il s'agissait en fait du chien du coroner Malouin.
Par ailleurs, Fournier n'avait pas de pièce d'identité sur lui. Surtout, les policiers ont senti qu'une forte odeur de cannabis frais émanait de sa personne et de son sac à dos.
Les deux agents ont donc procédé à l'arrestation de l'individu. Dans son sac à dos, ils ont trouvé une centaine de sacs de plastique semblables à ceux contenant habituellement du cannabis et une somme de 1620 $ en billets de 20 $.
Comme ils n'ont pas trouvé de cannabis, les policiers ont libéré Fournier de l'accusation, mais ils l'ont accompagné chez lui pour vérifier son identité et les explications qu'il donnait concernant la médaille du chien. C'est le coroner Malouin qui les a accueillis à leur arrivée chez lui et il a expliqué la raison pour laquelle son chien ne portait pas sa médaille. Soudainement, ont expliqué les policiers, un sachet contenant du cannabis est tombé du pantalon de Fournier, ce qui a mené à son arrestation.
«Agriculteur saisonnier»
Assumant seul sa défense, l'individu s'est présenté au juge comme un «agriculteur saisonnier» habitant Rimouski pour l'été. Il a accusé les deux policiers de l'avoir traité de Tamoul et de «p'tit crisse de con de vendeur de merde».
Selon Fournier, le sac de cannabis n'est pas tombé de son pantalon. Il se trouvait déjà sur le sol de l'appartement.
Il a totalement disculpé le coroner Malouin en affirmant que celui-ci ne consomme pas de cannabis, qu'il n'en a pas et qu'il interdit même qu'on en fume dans son appartement. Selon Fournier, il est possible que le sac ait été laissé là quelques heures plus tôt par un des nombreux visiteurs qui se sont rendus à l'appartement.
La procureure de la Couronne, Me Mélanie Ducharme, a souligné que, selon le coroner Malouin, les policiers se sont montrés courtois, ce qui contredisait la version de l'accusé.
Le juge de la Sablonnière a vite conclu à la culpabilité de l'individu qui avait déjà des antécédents judiciaires de fraude et de vol. Le ministère public ne s'y opposant pas, il a toutefois accordé une absolution inconditionnelle à Fournier, tenant compte du fait qu'il projette d'entreprendre un cours nécessitant qu'il ait un dossier vierge, ce qu'il obtiendra lorsqu'il aura le pardon pour ses crimes antérieurs.