Les enquêteurs du département des stupéfiants se sont rendus à la pharmacie de cet homme de 41 ans en fin d'avant-midi, mardi. L'enquête qui a mené à cette frappe avait été entamée il y a quelques mois, explique la porte-parole de la police de Québec, Catherine Viel.
Selon elle, les clients qui voulaient se procurer sans ordonnance de l'hydromorphone, de l'OxyContin ou du Dilaudid n'avaient qu'à se rendre à la pharmacie de l'accusé afin de cueillir leurs médicaments. Les transactions de médicaments se faisaient régulièrement durant les heures d'ouverture de la pharmacie.
L'accusé de 41 ans a comparu mercredi matin pour faire face à cinq chefs d'accusation. Il est d'abord accusé d'avoir fait le trafic d'hydromorphone à trois reprises, les 26 et 27 juin ainsi que le 26 juillet. Ces chefs correspondent à des trafics avec des agents d'infiltration.
Le quatrième chef en est un de possession d'hydromorphone en vue d'en faire le trafic. Il résulte de la perquisition effectuée mardi par la police.
Enfin, Vézina est accusé d'avoir fait le trafic de la même substance durant les 13 derniers mois. C'est la période au cours de laquelle il aurait reconnu s'être adonné au trafic.
Le procureur du ministère public, Me Éric Beauséjour, n'avait pas d'objection à la mise en liberté provisoire du pharmacien dans la mesure où il déposait une somme de 5000$. Pour la durée des procédures judiciaires, il sera interdit à Vézina de se rendre à sa pharmacie et il ne pourra même pas agir en tant que pharmacien. En outre, Vézina a dû déposer son passeport et il lui sera interdit de consommer des stupéfiants.
L'orientation du dossier doit se faire le 15 octobre.
Jointe au téléphone mercredi matin, la directrice générale et secrétaire de l'Ordre des pharmaciens, Manon Lambert, a confirmé que le syndic de l'Ordre était déjà saisi du dossier. Elle a avoué que, par le passé, des pharmaciens ont déjà été arrêtés pour des comportements similaires.
L'enquête menée par le syndic pourrait éventuellement permettre au conseil de discipline de radier temporairement le pharmacien, mais il serait fort surprenant que cet interdit de pratiquer soit permanent. Vézina ne possède aucun dossier disciplinaire à son ordre professionnel.
Pour que le conseil disciplinaire radie de façon permanente un pharmacien, il faut que le professionnel ait de nombreux antécédents de mauvaise pratique, précise Mme Lambert.
La porte-parole du Groupe Brunet, Marie-Claude Bacon, a confirmé que les autres pharmaciens de cette pharmacie allaient garder le commerce ouvert, afin de continuer à servir la clientèle.