C'est à la suite d'une évaluation des besoins du GTI, qui compte une quinzaine de policiers, que Québec a décidé d'acheter son propre véhicule blindé. Denis Pelletier, responsable de la section des Affaires publiques et communications organisationnelles au Service de police de Québec, en parle comme de «la cerise sur le sundae».
Actuellement, la Sûreté du Québec possède quelques camions du genre qu'elle met à la disposition des autres corps policiers municipaux. Ingrid Asselin, porte-parole de la SQ, peut confirmer la marque (Hummer et Dragoon), mais pas les caractéristiques techniques ni même le nombre de véhicules «pour des raisons stratégiques».
Comme Québec jusqu'à maintenant, le Service de police de la Ville de Montréal fait partie de ces utilisateurs sporadiques, car il ne possède pas son propre blindé.
Le ministère de la Sécurité publique classe les corps policiers municipaux par niveau de service (échelle de 1 à 6) en fonction du territoire et de la population desservis. La SQ est le seul niveau 6, le plus élevé. Montréal est classé 5, Québec, 4. Lévis est de niveau 2. À partir du niveau 4, les normes prescrivent la création d'un GTI, mais pas l'achat d'un véhicule de protection.
Il faut dire que la dépense est considérable. Le modèle développé sur mesure pour Québec coûte 499 008,75 $, taxes incluses. C'est l'entreprise américaine Cambli qui a remporté l'appel d'offres, gardé confidentiel lui aussi «pour des raisons stratégiques». Il est donc impossible d'obtenir les caractéristiques du véhicule.
«C'est un outil vraiment utile qui peut servir à toutes les sauces», plaide le capitaine Pelletier pour justifier la dépense.
Utile pour les opérations «filet»
Ses collègues entendent notamment l'utiliser pour se protéger lors d'opérations «filet» avec personnes barricadées. Il y en a eu sept l'an dernier sur le territoire couvert par la police de Québec. Le Cambli pourrait aussi être appelé en renfort lors de prises d'otages ou de coups de feu.
Il n'est pas exclu non plus que l'escouade antiémeute y fasse appel lors de manifestations potentiellement violentes. La SQ le fait régulièrement. «Ce n'est pas un véhicule pour intimider, mais pour sécuriser les gens», prend toutefois soin de préciser M. Pelletier.
La Ville de Québec pourra aussi y avoir recours lors de situations d'urgence, comme un incendie majeur ou une inondation. Le robuste camion pourra transporter à la fois les secours et les victimes. Québec a d'ailleurs opté pour un modèle plus civil que militaire, «qui fitte vraiment dans une ville comme la nôtre», souligne le policier.
La nouvelle acquisition sera livrée d'ici neuf mois environ. Sa durée de vie est évaluée à 30 ans. L'endroit où le gros engin sera stationné n'est pas encore déterminé. La plupart des membres du GTI seront formés pour l'utiliser. Ils doivent au préalable détenir la classe 4A (véhicules d'urgence) sur leur permis de conduire.