Les données publiées mardi par Statistique Canada confirment la position de queue de la capitale québécoise dans un classement où aucune ville n'aspire à prendre la tête.
La région métropolitaine de recensement (RMR) de Québec, qui inclut Lévis, affiche l'indice global de gravité de la criminalité le plus bas au pays après Guelph, en Ontario. La métropole, Toronto, arrive bonne troisième, une surprise après les fusillades à répétition de la dernière semaine. Montréal arrive en 12e position sur une liste de 33 municipalités. Trois-Rivières est 19e, Sherbrooke, 26e.
Le faible nombre d'homicides commis sur le territoire de la RMR de Québec aide grandement la capitale à défendre son titre de ville sécuritaire, année après année. En 2011, les corps policiers en ont recensé seulement trois, comparativement à 54 dans la région de Montréal. Le taux de vols qualifiés (38 par 100 000 habitants) est aussi très bas. Au chapitre des introductions par effraction, par contre, Québec se rapproche de la moyenne. On en dénombre 496 pour 100 000 habitants contre 526 pour l'ensemble du Canada.
Structure démographique
La structure démographique de la bien nommée Vieille Capitale favoriserait son bilan. «En général, les taux de criminalité ont tendance à diminuer avec l'âge», peut-on lire dans le rapport de Statistique Canada dévoilé mardi.
«D'autres facteurs socio-économiques, comme les variations de l'inflation, de la consommation d'alcool et des taux de chômage, sont également liés à certaines habitudes criminelles», poursuivent les auteurs.
Cette bonne performance régionale va de pair avec une diminution globale de la criminalité au Canada. Le taux de crimes déclarés par la police en 2011 affiche un recul de 6 % par rapport à 2010. Il n'a jamais été aussi bas depuis 1972.
Pour le Québec, la baisse est un peu plus modeste, à 4 %. Le taux de criminalité y est cependant plus bas que la moyenne nationale, dopée par la violence exprimée dans les territoires nordiques et les provinces de l'Ouest.
Crimes en baisse
Les crimes en baisse incluent les tentatives de meurtre, les voies de fait majeures, les agressions sexuelles, les vols qualifiés, les introductions par effraction et les vols de véhicules à moteur.
Les crimes en hausse sont les homicides, les infractions sexuelles contre les enfants, la pornographie juvénile, le harcèlement criminel, la conduite avec les facultés affaiblies et plusieurs infractions relatives aux drogues.
La criminalité chez les jeunes continue également de reculer. Les policiers ont déclaré que 135 600 Canadiens de 12 à 17 ans étaient les auteurs présumés d'une infraction en 2011, soit environ 18 000 de moins que l'année précédente. Au seul chapitre des homicides, 46 événements ont été rapportés, contre 56 en 2010.
La porno juvénile en hausse
Les corps policiers du Canada ont signalé 3132 cas de pornographie juvénile en 2011. C'est 914 cas de plus que l'année précédente. Cela représente une hausse de 40 %, la plus forte parmi toutes les infractions au Code criminel.
«Les variations du taux de pornographie juvénile sont tout probablement tributaires des programmes et des initiatives ciblant cette infraction qui sont lancés par les services de police», avance Statistique Canada.
Michel Dorais, professeur à l'École de service social de l'Université Laval, croit aussi que le public est davantage sensibilisé à ce fléau et plus enclin à dénoncer les agresseurs. «Les gens savent que ce sont de vrais enfants qui ont été agressés pour de vrai», dit-il.
En même temps, la hausse des cas déclarés témoigne de la surabondance de matériel pornographique mettant en scène des enfants. «Ça se développe à vitesse grand V parce qu'il y a un marché», rappelle M. Dorais.