Au Cinéplex Odéon de Sainte-Foy vendredi après-midi, la plupart des clients rencontrés et qui faisaient la file pour aller voir L'ascension du chevalier noir avaient entendu parler du drame. «Je me sens en sécurité ici. Et puis, une personne dérangée qui voit un film, qu'il soit violent ou pas, ça ne change rien», souligne Marie-Claude, âgée de 40 ans.
«C'est juste parce qu'il y avait beaucoup de monde qu'il a fait ça dans une salle de cinéma», explique Elliot Gagner, 14 ans, qui croit qu'il y a beaucoup de films encore plus violents que ceux de Batman. Son ami du même âge, Simon Filiatrault, ne fait pas de lien entre le long métrage et le drame. «Aux États-Unis, il y a beaucoup de choses comme ça, au Québec, il y a moins de monde qui perdent la boule», analyse-t-il.
Antoine Morin, 13 ans, est l'un de seuls jeunes rencontrés qui achetait un billet pour un autre film. «Mettons que je ne viendrais pas voir Batman là, des fois qu'il y aurait un autre malade», explique-t-il. Laurie-Ann, 14 ans, n'avait pas non plus l'intention d'aller voir l'homme chauve-souris et ignorait qu'une tuerie avait eu lieu au Colorado. «J'aurais peur qu'il vienne!» s'est-elle exclamée lorsque informée sur le drame.
Même s'il prétend ne pas être un fan fini, Philippe Courtemanche, 30 ans, avait tout de même enfilé un t-shirt avec le fameux logo noir et jaune. Il souligne que le superhéros à la cape n'est pas violent. «Au contraire, dans le film, il a toujours affaire à des meurtriers et ne tue même pas son pire ennemi!» défend-il.
Samuel Bouchard, 22 ans, rencontré après la séance, abonde dans le même sens. «Le film a une bonne morale, et on ne voit même pas de sang», illustre-t-il. «Je n'ai pas vu dans le film quelque chose qui pourrait stimuler une action comme ça. Le gars visait probablement une salle où il y avait beaucoup de monde et c'était une place parfaite, c'était la première d'un film qui allait être le plus populaire de l'année», souligne Jean, 41 ans.
Luis Hernandez juge qu'il est impossible de ne pas lier «l'épouvantable nouvelle d'hier [vendredi]» et l'omniprésence de la violence dans la société. «On en voit partout, à la télé et dans les nouvelles, c'est sûr que ça peut avoir une influence sur les gens», affirme ce Mexicain déménagé à Québec il y a quatre ans.
Le propriétaire du IMAX des Galeries de la Capitale, Charles Auger, ne craint pas pour les recettes du film. «Il y a une grande folie, c'est le film de l'année, il y a beaucoup de gens qui veulent le voir, souligne-t-il. Le monsieur a pris une décision de faire ça pendant qu'il y avait des gens, ça n'a rien à voir avec le film.»
Même son de cloche au Clap. «Ça m'étonnerait qu'il y ait un impact sur l'achalandage», affirme le gérant, Christopher Larraguibel. «Je ne pense pas que c'est quelque chose qui pourrait se reproduire ici», ajoute-t-il.
Dans un communiqué, la firme Cineplex a dit mettre en place des mesures de sécurité pour les représentations à venir. Elle a aussi expliqué qu'elle fera don d'une portion des profits amassés vendredi soir au programme de la Croix-Rouge, ÉduRespect.