Noyades d'enfants: les contraintes de sécurité pointées du doigt

Une fillette de deux ans a été retrouvée... (La Presse, Patrick Sanfaçon)

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Une fillette de deux ans a été retrouvée inanimée dans le fond de la piscine familiale, jeudi, à Saint-Rémi, en Montérégie. Malgré des manoeuvres de réanimation, son décès a été constaté à l'hôpital.

La Presse, Patrick Sanfaçon

Ian Bussières
Le Soleil

(Québec) Le règlement sur la sécurité des piscines résidentielles, qui ne s'applique pas aux piscines installées avant 2010, est pointé du doigt par la Société de sauvetage et par un conseiller en réglementation à la suite de la noyade de six enfants dans des piscines résidentielles depuis le début de l'été.

«Six noyades dans de telles circonstances déjà depuis le début de l'été, alors qu'il y en avait eu une seule l'été dernier et deux il y a deux ans, c'est beaucoup trop», commente M. Raynald Hawkins, directeur général de la Société de sauvetage.

M. Hawkins a souligné que cinq des piscines où sont survenus ces drames ont été installées avant 2010. Bref, qu'elles n'étaient pas obligées, selon le règlement, d'être munies d'une barrière entre la piscine et la résidence, contrairement à celles installées par la suite.

«Ce sont des piscines creusées ou des piscines hors-terre avec patio attenant où il y a une clôture entre la piscine et le voisinage, mais pas entre la piscine et la résidence! Si on avait imposé à ces propriétaires de se conformer à la réglementation, il aurait fallu que les enfants escaladent la barrière pour se noyer» poursuit-il.

Ministres contactés

La Société de sauvetage a contacté vendredi le cabinet des ministres des Affaires municipales, Laurent Lessard, et de la Famille, Yolande James, afin de faire le point sur le dossier. «Bien sûr que ce serait une bonne avenue que d'imposer le règlement aux piscines existantes avant 2010. Cependant, à plus court terme, les municipalités peuvent imposer des règles plus sévères et nous leur demandons d'avoir le courage politique de le faire. Certaines l'ont déjà fait», reprend le dg de la Société de sauvetage.

«On pourrait parler de négligence des parents si personne ne surveillait pendant que des enfants se baignaient, mais ce n'était pas le cas dans les récents décès. Il n'y avait pas de baignade et les enfants ont quand même eu accès à la piscine», poursuit-il, lançant un appel aux propriétaires de piscines à se conformer à la réglementation, même s'ils n'y sont pas contraints.

«Tout le monde aurait avantage à le faire. On barre la porte avant pour éviter que les enfants n'aillent jouer dans la rue, alors pourquoi ne fait-on pas la même chose pour la porte arrière pour éviter qu'ils n'aillent dans la piscine sans surveillance?», s'interroge-t-il.

Ce point de vue est partagé par Sylvain Leroux, un conseiller en réglementation qui avait dirigé le comité de travail sur la sécurité des piscines qui avait déposé, en 2000, un règlement modèle au gouvernement du Québec qui se serait appliqué aux quelque 300 000 piscines de la province.

«Nous avions fait un défrichage sérieux et obtenu l'aval de tous les organismes participants. Dix ans plus tard, le gouvernement a adopté certaines des mesures de ce règlement modèle, mais pas toutes. Ce qui se produit présentement était prévisible. Quand on donne des droits acquis à vie à ceux dont la piscine était en place avant 2010, il ne faut pas se surprendre du résultat qu'on a cet été», a-t-il résumé, insistant lui aussi sur l'importance d'aménager une barrière entre la piscine et la résidence.

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