Le litige résulte des propos diffusés par M. McKay en juillet 2011. Il traitait alors M. Gagné de «traître» et de «déconnecté» en réaction au fait que ce dernier avait qualifié le PQ et le Bloc de «déconnectés».
Dans sa lettre d'excuses, M. McKay convient que ses propos étaient exagérés, rappelant toutefois qu'il en avait interrompu la diffusion quelques minutes après leur apparition sur son blogue et sur Twitter. Il admettait alors y être allé «un tout petit peu fort».
Selon le député, son intention n'était aucunement de nuire à la carrière politique du médaillé paralympique. «Je vous incite à continuer à militer au sein du Parti québécois et à promouvoir la souveraineté comme vous l'avez toujours fait par le passé», conclut M. McKay.
Quant à sa défense déposée au dossier de la Cour supérieure, elle va dans le même sens que celle déposée par le Parti québécois, au milieu de juin. L'avocat du député, Me Benoît Mailloux, s'y dit d'avis que l'ancien candidat du PQ et du Bloc n'a subi aucun dommage. Aussi estime-t-il que les 250 000 $ réclamés n'ont aucun lien de causalité avec les propos de M. McKay et qu'au surplus, ces dommages sont grossièrement exagérés.
Passages mot à mot
Certains passages de la défense de M. McKay reprennent mot pour mot celle de son parti. Ainsi, il allègue que le demandeur a été lui-même à l'origine des propos qu'il lui reproche. C'est lors d'une entrevue accordée au Soleil que M. Gagné avait qualifié les deux partis souverainistes de «déconnectés».
Étant donné les démissions en bloc qui venaient de se produire au sein du PQ, «il coulait de source que les propos du demandeur allaient jeter de l'huile sur le feu», estime aussi le député de L'Assomption. D'autre part, ajoute-t-il, la déclaration du demandeur au Soleil amenait le lecteur à conclure qu'il voulait mousser la candidature de François Legault.
Le codéfendeur considère que ses commentaires ont été faits «dans un contexte d'une réaction tout à fait légitime» aux déclarations de M. Gagné et non dans le but de lui nuire personnellement. Aussi juge-t-il que la portion de 100 000 $ réclamée à titre de dommages punitifs est illégalement demandée par ce dernier.