Drame familial à Warwick: il faut prévenir les montées de rage, dit une psychologue

Jocelyn Marcoux avec ses enfants Lindsey et Karen,... (Photo tirée de Facebook)

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Jocelyn Marcoux avec ses enfants Lindsey et Karen, dans des moments plus heureux, en 2010.

Photo tirée de Facebook

 

Dominique Hardy
Le Soleil

(Québec) «La société ne peut plus se mettre la tête dans le sable», estime la présidente de l'Ordre des psychologues du Québec, Rose-Marie Charest, après le troisième drame familial à survenir en une semaine au Québec.

Le double meurtre de deux enfants, suivi du suicide de leur père à Warwick, en est un de trop, encore une fois, pour la présidente de l'Ordre des psychologues. Deux autres drames familiaux ont eu lieu du côté de Montréal cette semaine. «Faut absolument prendre des moyens de prévention de l'homicide autant que l'on en a pris pour le suicide au Québec», clame Rose-Marie Charest.

«Le risque zéro n'existe pas, mais on ne peut pas ne pas tout faire pour diminuer la probabilité que ça se produise à nouveau. Compte tenu du nombre de divorces, c'est rare que l'on en vienne à ça, mais ça commence à être pas mal fréquent. Il ne faut pas banaliser ça.»

Le geste qu'a posé Jocelyn Marcoux, en tuant ses deux enfants Lindsey et Karen avant de s'enlever la vie, est «une forme extrême», pour Mme Charest.

L'homme semblait craindre la perte de la garde de ses enfants comme en fait foi une lettre publiée sur sa page Facebook. Le quadragénaire devait être présent, mardi matin, au palais de justice de Québec, alors que son ex-conjointe lui réclamait la garde des enfants parce qu'elle considérait que «leur sécurité et leur développement sont compromis».

Prévention

«Ce n'est pas le genre de drame qui se produit dans un ciel clair», fait remarquer la présidente de l'Ordre des psychologues.

«Ce qu'il faut faire si on veut vraiment faire de la prévention, c'est de prévenir les montées de rage. L'enfant, c'est le représentant ultime de l'union que l'on a eue avec l'autre. Il arrive que de vouloir éliminer cette union passe par l'élimination de toutes les traces, y compris les enfants. Personne ne décide rationnellement de ça. Dans un grand mouvement de rage, ça en vient jusque-là.»

La psychologue suggère que de plus d'aide soit offerte aux couples qui se séparent, particulièrement aux hommes qui présentent une problématique de violence.

Les longues batailles devant les tribunaux d'ex-conjoints, comme celle que se livraient Jocelyn Marcoux et son ex-conjointe, demeurent un drame pour les enfants, selon Rose-Marie Charest.

Elle précise que plus les conflits perdurent, plus les séquelles sont lourdes pour l'enfant. «La première chose à faire pour aider est de ne pas polariser le conflit», recommande-t-elle.

«Souvent, dans les séparations, les gens prennent la part du père ou de la mère. Ce n'est pas d'aider de prendre part à ce clivage-là.»

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