Drame familial à Warwick: un passé troublé et des messages troublants

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Un père et ses deux enfants d'une dizaine... (Le Soleil, Steve Deschênes)

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Un père et ses deux enfants d'une dizaine d'années ont été trouvés morts dans un garage adjacent à une résidence de la rue Richardson la nuit dernière à Warwick.

Le Soleil, Steve Deschênes

Jean-François Néron
Le Soleil

(Warwick) «Pour les peres ben c officiel!!!! si tu te fais pas justice toi meme ben tu auras jamais justice!!!! jamais soyer en bien sure d ou tout les drames familiaux (sic).» Le commentaire fait frémir. D'autant plus qu'il a été publié sur Facebook peu de temps avant un drame qui a toutes les apparences d'un double meurtre suivi d'un suicide, survenus dans la nuit de lundi à mardi au 12, rue Richardson, à Warwick, dans les Bois-Francs.

Jocelyn Marcoux, 47 ans et ses enfants Lindsey... (Photo tirée de Facebook) - image 1.0

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Jocelyn Marcoux, 47 ans et ses enfants Lindsey et Karen Brillant-Marcoux.

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Un père et ses deux enfants d'une dizaine... (Photo Le Soleil, Steve Deschênes) - image 1.1

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Un père et ses deux enfants d'une dizaine d'années ont été trouvés morts dans un garage adjacent à une résidence de la rue Richardson la nuit dernière à Warwick.

Photo Le Soleil, Steve Deschênes

Lindsey et Karen, âgés de 13 et de 11 ans, et leur père, Jocelyn Marcoux, 47 ans, ont été retrouvés dans les décombres d'un garage incendié, adjacent à la résidence principale. Une automobile stationnée devant le bâtiment a aussi été la proie des flammes.

Les pompiers de Warwick ont fait la macabre découverte après avoir reçu un appel à 2h58 pour un feu qui s'était déclaré à cette adresse. «Je me suis réveillé. Je crois avoir entendu une explosion. Je pensais même que ça pouvait être des feux d'artifice. Ça brûlait vraiment fort», raconte une voisine.

«À notre arrivée, c'était l'embrasement général», confirme le directeur du service des incendies de Warwick, Bernard Beaudet. «En regardant autour de nous, nous avons remarqué qu'il manquait la bonbonne de propane du BBQ et celles de la roulotte stationnée dans la cour. Nous avons donc redoublé de prudence», poursuit le chef.

Les pompiers trouvent les trois corps dans les ruines

Son instinct devait lui donner raison parce qu'au moins trois bonbonnes ont été retrouvées dans le garage. Ce n'est qu'à l'extinction du feu que les pompiers ont aperçu, à travers les ruines fumantes, les corps qui gisaient. «On ne s'attend jamais à ça. C'est triste. À la caserne, on conseille aux gars d'en parler entre eux pour décanter», laisse tomber M. Beaudet.

Même si la Sûreté du Québec (SQ) refusait de confirmer les noms des victimes, mardi après-midi, leur identité s'est rapidement répandue, notamment sur le Web, comme c'est maintenant l'habitude.

Messages troublants

Sur sa page Facebook, l'homme de 47 ans, originaire de Thetford Mines, avait publié peu après minuit un message annonciateur du geste qu'il allait poser quelques heures plus tard.

M. Marcoux et son ex-conjointe, qui réside en banlieue de Québec, se disputaient la garde des enfants depuis 2005. Ils sont séparés depuis 2002. Dans sa missive crue et accusatrice, le père y explique sa frustration contre le système judiciaire, la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ), la mère de ses deux enfants et l'avocat de cette dernière.

Selon les allégations du quarantenaire, il craignait que le tribunal réponde favorablement à une requête de son ex qui désirait la garde des enfants à temps plein même si la DPJ était intervenue auprès d'elle et de son conjoint actuel concernant des «plaintes de violence physique et psychologique», prétend-il.

«Je me suis juré (...) que jamais plus mes enfants ne seraient maltraités»

«Je me suis juré dans mon coeur de père que jamais plus mes enfants seraient maltraité; plus jamais... même avec la bénédiction d'un juge hypocrite!!!!! (...) pour les peres ben c officiel!!!! si tu te fais pas justice toi meme ben tu auras jamais justice!!!! jamais soyer en bien sure d ou tout les drames familiaux (sic)», a-t-il écrit avant de passer à l'acte.

«C'était un très bon père de famille. Il les aimait, ses enfants», confie Manon René, malgré les événements tragiques. Cette ex-collègue de travail de l'entreprise en électricité qui employait M. Marcoux était au fait des démêlés familiaux du père.

«Il était abattu»

«De ce que j'en sais, ça fait deux ans et demi qu'il avait la garde à temps plein de ses deux enfants. Ils voyaient leur mère une fin de semaine sur deux. Depuis ce temps, il me disait: "Manon, maintenant je peux dormir sur mes deux oreilles." Mais depuis les derniers événements (la requête), il était abattu.»

Le Soleil a contacté la mère des victimes, qui a préféré ne pas commenter l'affaire. Son avocat, Me Fabien Jean, s'est aussi abstenu de tout commentaire. La journée était lourde de sens pour Jocelyn Marcoux, qui devait se présenter au palais de justice de Québec pour discuter de la requête déposée par la mère.

Appris par les médias

Dès 8h, mardi matin, la mère apprenait la nouvelle de la mort de ses deux enfants par les médias. «Maudit je capote... un incendie criminel à Warwick 2 enfants, 1 homme, rue Richardson... la police s'en vient me rencontrer. Les 3 sont morts. J'espère que ce n'est pas moi... je dois me rendre p-ê à l'évidence que oui (sic)», a-elle inscrit sur sa page Facebook.

Plus tard, elle discréditait plusieurs informations diffusées dans certains médias concernant le dossier de garde de ses enfants. Au fil de la journée, de nombreuses marques de sympathie ont été publiées. En fin d'après-midi, sa page était rendue indisponible.

«Mes amours, ma joie de vivre»

«Rien ne laissait présager pareil drame.» Un lieu commun constamment entendu par les amis et proches de gens qui commettent l'irréparable. Cette règle pourrait s'appliquer à la tragédie de Warwick s'il s'avérait que le père a commis le geste avant de s'enlever la vie.

Une page Facebook ne dit pas tout, mais reflète, en grande partie, ce qu'on est. Sur celle de Jocelyn Marcoux, on y trouve surtout des photos, nombreuses, de ses deux enfants. Un de ses albums s'intitule «Mes amours, ma joie de vivre».

On y voit aussi de nombreuses photos de vacances passées avec la roulotte familiale et un bateau de plaisance qu'il avait projeté d'acquérir en juin dernier. D'autres illustrations le montrent jouant de la guitare et avec d'autres instruments de musique.

La veille de sa mort, en soirée, personne n'aurait pu soupçonner qu'un drame allait se produire. «Pour ceux que ca peut interressé!! ma nouvelle entreprise vas s appeler kar-lind électrique commercial-industriel-automatisme (sic)», écrivait-il. Un nom en référence à ses enfants, Karen et Lindsey.

M. Marcoux avait quitté son employeur, Pro électrique, pour démarrer sa propre entreprise. Un rêve qu'il ne réalisera jamais.

«Une tâche difficile»

Certes, les corps ont été retrouvés incendiés dans le garage. Cependant, leur état ne révèle pas pour autant la façon dont le père et ses deux enfants sont décédés.

Un poste de commandement mobile est arrivé sur les lieux du drame en après-midi, signe que la scène est complexe et que l'enquête s'annonce peut-être longue.

«Ça va être difficile pour le légiste, mais tout se fait aujourd'hui. On a bon espoir d'être en mesure d'identifier la nature du décès», explique le sergent Richard Gagné, de la SQ.

Encore plusieurs questions

C'est que les spécialistes se posent encore plusieurs questions quant au fil des événements qui ont conduit aux trois décès. Les bonbonnes de gaz trouvées dans le garage y ont-elles été déposées dans le but de s'en servir contre les enfants? Est-ce que le frère et sa soeur étaient vivants au moment où ils sont entrés dans le garage?

«Des spécialistes font l'expertise de la scène et ça devrait nous apporter quelques éléments de preuve», souhaite le policier. Des reconstitutionnistes prélevaient le moindre échantillon susceptible de les aider dans leur enquête, pendant que d'autres photographiaient les lieux.

Les dépouilles mortelles du père et des deux enfants ont été transportées en soirée après un examen minutieux des lieux. Elles ont été emmenées à l'Institut de médecine légale de Montréal, où une autopsie sera pratiquée au cours des prochains jours.

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