«J'ouvrais les yeux et je voyais du feu partout», poursuit M. Belley, que Le Soleil a rencontré lundi. Ce pompier volontaire à la retraite de 60 ans et bénévole pour cette activité de la fête nationale, et son collègue Frédéric Bouchard, 26 ans, aussi pompier volontaire, ont subi des brûlures au deuxième et au troisième degrés sur environ 10 % de leur corps, lorsque le feu qu'ils ont allumé a explosé.
Des témoins ont raconté avoir vu les deux hommes en flammes se rouler au sol. Quelque 2000 personnes se trouvaient sur les lieux au moment du drame, survenu à la fin des feux d'artifice marquant la soirée.
«On est partis pour allumer le feu et ça a fait comme une bombe. Le feu s'est jeté sur nous», a poursuivi M. Belley qui, comme son collègue Frédéric Bouchard, a été brûlé aux mains et au visage. Les deux hommes ne voulaient pas être photographiés dans ces circonstances.
«On a été très chanceux»
«J'ai eu très peur. Ça fait 13 ans que j'allume le feu de la Saint-Jean et je n'ai jamais vu ça. On a été très chanceux», ajoute M. Belley. L'homme qui a oeuvré 18 ans comme pompier volontaire a expliqué que son collègue et lui utilisaient du papier et des allumettes pour allumer le feu dont le cône de bois était monté depuis plusieurs jours sur les lieux.
M. Belley affirme qu'il s'agissait de son dernier feu de la Saint-Jean : «Je n'en rallumerai jamais plus», a-t-il promis, sous le regard insistant de sa femme.
Les deux bénévoles ont été secourus par des paramédicaux présents sur les lieux et ont été conduits à l'Hôpital de La Malbaie par ambulance. Ils devront notamment rencontrer un plasticien pour les brûlures qu'ils ont subies.
Le Service des incendies de La Malbaie fait enquête afin «de faire la lumière sur les circonstances de l'événement». Monique Marier, directrice par intérim du Service des incendies, explique que, chaque année, des pompiers «surveillent» le feu de joie et veillent sur tout le déroulement. «Ce sont des choses qui peuvent arriver. Nous cherchons les causes.»
La mairesse veut savoir
Si la Sûreté du Québec considère l'incident comme mineur et n'a commandé aucune enquête le concernant, il n'en va pas de même pour la mairesse de La Malbaie, Lise Lapointe, qui veut savoir ce qui s'est passé. Mme Lapointe était sur les lieux, mais n'a pas été témoin de l'incident.
«Je regardais les feux d'artifice avec mon fils quand je me suis rendu compte que le cône s'est enflammé tout d'un coup. Ça n'a pas eu cet effet au cours des années antérieures», a-t-elle dit au Soleil. Compatissant avec les bénévoles blessés, Mme Lapointe attend avec impatience les résultats de l'enquête du Service des incendies.
«Honnêtement, je ne crois pas que cet accident compromette la tradition du feu de la Saint-Jean, qui est une longue tradition pratiquée partout au Québec. Nous attendrons les résultats de l'enquête et nous suivrons les recommandations s'il y a lieu», a dit la mairesse.