Le député de Québec solidaire a réagi à la manchette du Journal de Québec titrant Khadir armé; Charest mort. Elle décrivait un pastiche du célèbre tableau La liberté guidant le peuple. Un insurgé tenant un fusil est personnifié par M. Khadir, tandis qu'un autre personnage, gisant mort, l'est par Jean Charest.
Tandis que les députés libéraux lui reprochaient le «mauvais goût» et l'incitation à la violence de l'affiche saisie au domicile des Khadir, le député solidaire a rappelé que le poster est un collage, effectué par le groupe de musiciens Mise en demeure, il y a deux ans, et ramené à son domicile par sa fille aînée Daria.
À ses yeux, il s'agit d'une parodie amusante. Ce qui ne l'est pas du tout, ce serait le titre coiffant l'article paru mardi. «C'est une pure fabrication!» a lancé l'élu de la formation qui se définit, a-t-il insisté, comme «pacifiste et féministe».
Or, le quotidien «annonce que je suis armé et que Jean Charest est mort! Je souhaite à Jean Charest qu'il perde ses élections. C'est la seule chose que je lui souhaite».
Amir Khadir a indiqué qu'il a consulté les avocats de Québec solidaire. Il envisage de traîner en justice Québecor, propriétaire du Journal de Montréal et du Journal de Québec.
Selon l'élu, il faut voir dans le traitement de la nouvelle une manoeuvre de l'empire de presse de Pierre Karl Péladeau pour l'intimider et le discréditer, lui et aussi Québec solidaire. Il s'est plaint d'un traitement différent par Québecor et ses «plumes» qui se montrent «relativement favorables» à Jean Charest, mais aussi à la péquiste Pauline Marois et au caquiste François Legault. Québec solidaire serait présenté «comme les méchants [...] le bras armé d'une révolution».
Aux journalistes, il a soutenu recevoir avec le sourire les caricatures politiques. Il a «ri même un peu» d'une parodie signée par le chroniqueur Joseph Facal, le présentant «comme un grand dictateur qui ne cherche qu'à emprisonner et assassiner tout le monde».
Les libéraux outrés
Le premier ministre Charest s'est refusé à tout commentaire, à son arrivée au caucus de ses députés, en matinée. Ces derniers ne se sont pas fait prier pour condamner à répétition le «mauvais goût» du bricolage dont a fait l'objet l'oeuvre du peintre Eugène Delacroix.
Médecin de formation, le ministre de la Santé Yves Bolduc s'est inquiété «du message subliminal qu'on passe. Pour certaines personnes vulnérables, cela pourrait représenter un risque [...] par un humour noir pas très approprié».
Jean-Marc Fournier (Justice) s'est offusqué d'un autre élément pour trafiquer l'oeuvre de Delacroix, soit le drapeau noir qu'agite une des figures emblématiques du mouvement étudiant, le «bananarchiste». M. Fournier a suggéré que le député Khadir prône l'anarchie, une position sur laquelle il faut s'interroger, en ce lendemain de scrutin complémentaire.