«Épidémie» de lettres suspectes au Québec

À Sherbrooke, des alertes aux produits toxiques ont... (Photo La Tribune, Jessica Garneau)

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À Sherbrooke, des alertes aux produits toxiques ont mené à l'intervention des policiers à plusieurs endroits.

Photo La Tribune, Jessica Garneau

Annie Mathieu
Le Soleil

(Québec) Les corps policiers de la province enquêtent sur l'envoi de plus d'une vingtaine d'enveloppes contenant de la poudre à des députés, à des médias ainsi qu'au premier ministre Jean Charest. Les Forces armées révolutionnaires du Québec (FARQ), le groupe qui revendique le coup d'éclat, est jusqu'ici inconnu du public, mais il s'apparente énormément à un groupuscule déjà surveillé par les forces de l'ordre.

Alors que le Service de police de la Ville de Montréal confirmait que la substance contenue dans la plupart des colis suspects de la métropole n'était rien d'autre que du bicarbonate de soude, la Sûreté du Québec (SQ), de son côté, refusait encore de tirer cette conclusion mercredi soir puisque plusieurs enveloppes n'avaient pas encore été ouvertes en région. «Nous allons probablement éliminer la possibilité qu'il s'agit d'anthrax, mais nous faisons les vérifications avec nos partenaires de Santé Canada», a expliqué le porte-parole de la SQ Benoit Richard.

Le bal a débuté vers 9h, à Montréal, quand le bureau du ministre libéral de l'Environnement, Pierre Arcand, et celui de son confrère, le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, ont été visés.

Toujours dans la métropole et ses environs, le maire Gérald Tremblay, les ministres de la Culture Christine St-Pierre, de la Justice Jean-Marc Fournier, et de l'Éducation Michelle Courchesne ont reçu un colis. D'autres ont été déposés au bureau de la Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec (CREPUQ), ainsi qu'à ceux de La Presse, TVA, V et Québecor. La productrice Denise Robert a aussi reçu une missive contenant de la poudre à sa maison de production, Cinémaginaire.

À Québec, l'animateur de Radio Pirate, Jeff Fillion, Radio X, le FM93 et le ministre de la Santé, Yves Bolduc, ont été ciblés (voir l'autre texte), tandis qu'à Sherbrooke, les bureaux du premier ministre Jean Charest et de la ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, ont été mobilisés une partie de la journée en raison d'alertes au produit toxique. Scénarios similaires en Montérégie et en Estrie, où plusieurs députés et ministres ont fait les frais des FARQ.

Liens de parenté

Ce groupe s'apparente énormément à l'Armée révolutionnaire du Québec, connue des forces de l'ordre, explique Michel Juneau-Katsuya, ex-agent du Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS).

Ce dernier ainsi que d'autres sources nous confirment que la Sûreté du Québec ainsi que la Gendarmerie royale du Canada et le SCRS ont à l'oeil ce groupuscule indépendantiste qui affirme être «l'armée du Québec» capable de protéger les citoyens de la province si celle-ci venait à se séparer du reste du Canada. Celui-ci n'a cependant jamais perpétré d'acte similaire à ce qui s'est produit mercredi.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs personnes évoquaient une ressemblance avec le Front de libération du Québec (FLQ). Selon M. Juneau-Katsuya, si celui-ci n'existe plus, son «germe radical» est toujours vivant et peut se manifester par la formation de différentes entités comme les FARQ.

Une hypothèse vivement rejetée par Louis Fournier, auteur d'un livre sur le FLQ. «Ça n'a aucun rapport avec ce qui s'est passé au Québec dans les années 60», affirme-t-il.

L'enquête est menée par le Groupe antiterroriste de la SQ, qui n'exclut pas que les responsables du coup d'éclat soient accusés en vertu de dispositions antiterroristes inscrites au Code criminel.

Libéraux en colère

L'expédition de colis suspects dans les bureaux de ministres libéraux de Jean Charest a provoqué plus de colère que d'inquiétude. «Inacceptable», a réagi le ministre de la Sécurité publique Robert Dutil. De «l'intimidation», a dénoncé son collègue à l'Environnement, Pierre Arcand.

Interrogé à la sortie du Conseil des ministres, Geoffrey Kelley (Affaires autochtones) a fait remarquer que «ce ne sont pas les élus, ce ne sont pas les ministres qui ouvrent les enveloppes, le matin. C'est le personnel dans les bureaux de comté. Ce sont les personnes qui sont, en quelque sorte, ciblées. Ça me préoccupe au plus haut point».

«C'est inacceptable de voir qu'on tente des gestes d'intimidation comme ceux-là», a répondu le ministre Dutil. «Nous prenons cela non seulement avec sérieux, mais avec indignation. Cela n'a pas de bon sens.»

Avec Michel Corbeil et La Presse

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