Procès de l'ex-juge Delisle: l'expert de la défense rattrapé par son passé

Sur le même thème

Le procès pour meurtre de Jacques Delisle se... (Le Soleil, Patrice Laroche)

Agrandir

Le procès pour meurtre de Jacques Delisle se poursuit aujourd'hui avec le huitième témoin de la défense.

Le Soleil, Patrice Laroche

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) Attaqué pour une troisième journée par la Couronne, l'expert en balistique de la défense a été rattrapé par son passé, hier, au 17e jour du procès de l'ex-juge Jacques Delisle, accusé du meurtre prémédité de sa femme.

Poursuivant son contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Me Michel Fortin, s'est intéressé aux critiques que Vassili Swistounoff a formulées dans son rapport à l'égard des experts du ministère public, y compris l'expert en balistique André Desmarais.

M. Swistounoff a plaidé qu'il n'avait critiqué qu'«une partie» de leur travail et qu'il était tout de même demeuré neutre.

Me Fortin a alors révélé que M. Swistounoff n'avait pas été retenu, en 2008, pour un poste auquel il avait aspiré au sein du département balistique du service de police de Marseille, en France. Le département que dirige André Desmarais depuis 2007. Ce dernier faisait d'ailleurs partie du comité de sélection ayant évalué la candidature de Swistounoff. «Vous n'aviez pas de compte à régler, c'est ça?» lui a demandé Me Fortin.

M. Swistounoff a nié toute «animosité particulière», ajoutant ne pas comprendre pourquoi cette histoire était abordée. Me Fortin lui a rappelé qu'il avait écrit son rapport après avoir lu celui de M. Desmarais, ce qu'il n'a pu démentir.

La Couronne a aussi soulevé que le rapport de M. Swistounoff faisait référence à une étude qu'il a signée à la fin des années 90 en se réclamant de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN), le pendant français de la GRC. Or, au moment de publier cette étude, il n'y travaillait plus. «Ce n'est pas pour vous donner un peu de prestige?» a lancé Me Fortin. «Absolument pas», a répliqué l'expert français, en disant avoir identifié l'Institut pour le «remercier» de son soutien pendant ses recherches. Questionné sur son départ de l'IRCGN, M. Swistounoff a indiqué être simplement «venu à bout» de son contrat d'un an. Me Fortin a plutôt insinué qu'il n'avait pas été renouvelé. Le juge Claude Gagnon a ramené à l'ordre le procureur en lui rappelant qu'il aurait plus tard l'opportunité de plaider s'il ne le croyait pas.

Tout au long du contre-interrogatoire, qui aura duré huit heures en tout, Me Fortin a réclamé à l'expert de la défense de citer une seule étude qui avançait, comme lui, qu'il était «inévitable» que la balle ait dévié dans le crâne de Mme Rainville après avoir fracassé son crâne. Au final, M. Swistounoff a reconnu qu'il était le premier à tirer aussi clairement cette conclusion, puisqu'il n'a trouvé qu'un auteur qui parlait de «possible» déviation. M. Swistounoff a soutenu qu'il avait noté dans sa carrière plus de cas de suicide par arme à feu fait par des femmes que par des hommes. Et ce, même si les statistiques disent le contraire. Me Fortin lui a donc demandé combien il avait observé de suicides faits en tenant une arme à l'envers, méthode qu'il privilégie pour la mort de Nicole Rainville. Après avoir répondu «rarement», il a reconnu n'en avoir jamais étudié.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer