Procès Delisle: Nicole Rainville n'allait pas bien, dit sa petite-fille

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La petite-fille de Nicole Rainville, Anne-Sophie Morency... (Le Soleil, Patrice Laroche)

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La petite-fille de Nicole Rainville, Anne-Sophie Morency

Le Soleil, Patrice Laroche

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) Nicole Rainville n'«était plus la même personne» depuis son accident vasculaire cérébral (AVC), selon sa petite-fille, qui a fondu en larmes lors d'un contre-interrogatoire plutôt insistant de la Couronne.

Anne-Sophie Morency avait remarqué que sa grand-mère enjouée et toujours occupée avait fait place à une femme «déprimée» après son AVC en avril 2007. Celle qu'elle considérait comme sa «deuxième mère» parlait moins et «se retirait en famille», puisqu'elle avait de la difficulté à s'exprimer en raison de sa paralysie du côté droit.

La jeune femme de 22 ans a affirmé qu'à l'époque, si Jacques Delisle ne sortait pas sa femme, «elle faisait pratiquement rien». «Elle s'assoyait sur le divan et fixait le mur», a-t-elle noté, avant de préciser que sa grand-mère «n'était jamais abandonnée» par son mari.

L'étudiante en administration a d'ailleurs souligné l'harmonie entre ses grands-parents. «Pour moi, c'était mes modèles.»

Toujours en 2007, lors d'une visite au centre de réadaptation, Anne-Sophie s'est rappelé que sa grand-mère lui avait confié «J'aimerais qu'il y ait une feuille qui dit comment mourir», en référence à un mode d'emploi. Elle avait ensuite rapporté ce «signal d'alarme» à sa mère, qui aurait averti le personnel du centre de réadaptation.

Lorsque Mme Rainville s'est fracturé la hanche en juillet 2009, sa petite-fille a dit avoir été happée par sa tristesse et sa maigreur. «Elle avait l'air de souffrir. C'était horrible, c'était triste à voir», s'est-elle souvenue en mentionnant qu'il était «impossible de la faire sourire».

Anne-Sophie Morency est revenue sur la fête à laquelle Nicole Rainville avait assisté quelques jours avant sa mort et dont son fils, Jean Delisle, avait parlé la semaine dernière.

Elle a confirmé que sa grand-mère avait monté toute seule cinq ou six marches à l'aide de sa marchette. «On était tous proches, évidemment», a-t-elle glissé. Au moment où Mme Rainville a quitté la fête, Anne-Sophie avait eu le pressentiment qu'elle n'allait pas bien et lui avait lancé «Je t'aime grand-maman!». «Elle ne m'a pas répondu», a-t-elle conclu.

Lors du contre-interrogatoire, Anne-Sophie Morency a craqué face aux questions pressantes du procureur de la Couronne, Me Steve Magnan. Celui-ci tentait de comprendre pourquoi elle n'avait pas sorti sa grand-mère plus souvent de sa résidence. Mme Morency avait dit plus tôt qu'une sortie en sa compagnie l'avait épuisée.

«À 17 ans, c'est pas la première chose à laquelle on pense. J'ai fait du mieux que je peux», a-t-elle exprimé, en pleurs.

Me Magnan lui a également demandé si sa mère l'avait avertie de ne pas parler aux policiers, ce qu'elle a nié.

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