Procès Delisle: un époux «irréprochable», selon son fils

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Jean Delisle n'a eu que de bons mots... (Le Soleil, Yan Doublet)

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Jean Delisle n'a eu que de bons mots pour son père, qu'il a décrit comme un homme «oui, sévère, intègre, droit, mais tellement juste». «Mon père est un bon chrétien, bon avec son prochain, avec l'inconnu dans la rue.»

Le Soleil, Yan Doublet

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) L'ex-juge Jacques Delisle était un mari «irréprochable», «au-delà des attentes que quelqu'un peut avoir», selon son fils Jean.

«Dans la maison chez nous, il y avait de l'amour, de l'harmonie. Ça transpirait», a insisté Jean Delisle, vendredi matin, au procès de son père, accusé du meurtre prémédité de sa mère, Nicole Rainville. La femme de 71 ans a été retrouvée morte d'une balle à la tête le matin du 12 novembre 2009.

Jean Delisle n'a eu que de bons mots pour son père, qu'il a décrit comme un homme «sévère, oui, intègre, droit, mais tellement juste». «Mon père est un bon chrétien, bon avec son prochain, avec l'inconnu dans la rue», a-t-il renchéri, après avoir précisé qu'il était «très généreux». Jacques Delisle a notamment donné 50 000$ à son fils et à sa conjointe pour leur hypothèque et prêté une somme équivalente pour leur commerce.

Jean Delisle a parlé de sa mère avec émotion, se rappelant une femme aidante, intelligente et «intéressée à tout». Elle était de plus «une très bonne chasseuse» et gagnait souvent les concours qu'ils organisaient lors de voyages en famille à l'île aux Oies, s'est-il remémoré.

L'homme de 48 ans a dit toujours conserver un triste souvenir de sa mère à l'hôpital, au lendemain de sa fête où elle a subi un accident vasculaire cérébral (AVC), en avril 2007. «Elle m'a regardé, puis elle savait très bien que sa vie avait changé. Elle m'a dit : "J'aurais dû [y] rester"», a-t-il raconté, en refoulant ses larmes.

La réadaptation de Nicole Rainville se serait bien déroulée par la suite, «mais son moral n'a pas autant suivi, a-t-il observé. Elle devenait la charge de mon père et ça, pour une personne qui a toujours tout contrôlé, qui prenait le lead, elle l'a jamais pris». Il a également affirmé que sa fracture à la hanche, survenue en juillet 2009, avait été «un cauchemar» pour elle.

Jean Delisle a souligné la confiance et l'admiration qu'il avait pour son père, un «acharné de la vie» qui s'était dévoué au bien-être de sa mère après son AVC. «Il ne l'a jamais abandonnée, au contraire, il l'a supportée», a-t-il dit.

Questionné sur les «tics» de son père par la défense, Jean Delisle a mis l'accent sur sa manie de serrer les poings lorsqu'il s'impatiente, en cherchant un mot par exemple. Il a dit avoir le même tic.

Plus tôt pendant le procès, un enquêteur de la police de Québec a rapporté que Jacques Delisle s'était chicané avec sa femme avant le drame et lui avait lancé: «Ça va-tu finir, tout ça?»

M. Delisle avait reproduit la scène au policier en serrant les poings comme s'il secouait quelqu'un par les épaules. L'ancien juge a plus tard prétendu qu'il avait mimé ce geste sous le coup de l'émotion.

«Tic» mal interprété

En contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Me Steve Magnan, s'est demandé comment Jean Delisle avait eu le réflexe d'aborder ce tic en particulier. Il a admis que son père lui avait mentionné que ce geste était important aux yeux du ministère public. Et qu'il avait l'impression que le «tic» avait été mal interprété par les policiers. Il a d'ailleurs avancé, avec une pointe d'amertume dans la voix, que les policiers avaient manqué d'empathie à l'hôpital le jour de la mort de sa mère. Quand d'autres agents se sont présentés à sa résidence cinq jours plus tard, il a refusé de les rencontrer, trouvant «assez ordinaire» qu'ils débarquent devant ses deux enfants.

Me Steve Magnan est également revenu sur la fête à laquelle avait pris part Mme Rainville deux semaines avant sa mort. Durant son témoignage, son fils a dit qu'elle avait monté quatre marches toute seule, mais qu'elle s'était vite retirée de la table pour aller s'assoupir sur le canapé. Elle était «triste, dans son monde, épuisée», avait-il noté.

Jean Delisle a semblé embarrassé lorsque Me Magnan lui a demandé pourquoi personne ne l'avait aidée à monter les marches. «Parce que ça fait partie du cheminement de réhabilitation», a-t-il d'abord répondu. Puis, il a ajouté qu'«elle était fière de nous montrer» sa progression et qu'«elle ne demandait pas la pitié» à quiconque.

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