Procès Delisle: «Je sais où il y a l'arme», avait dit Nicole Rainville

À gauche, le témoin de la Défense Marcel... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

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À gauche, le témoin de la Défense Marcel Carbonneau accompagne l'avocat de Jacques Delisle, Me Jacques Larochelle (au centre).

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) «De toute façon, je sais où il y a l'arme.» C'est ce qu'aurait lancé la femme de l'ex-juge Jacques Delisle à un ami du couple, après avoir été laissée handicapée par un accident vasculaire cérébral (AVC), en 2007.

Marcel Carbonneau a relevé cette confidence de Nicole Rainville, jeudi, au procès de son ami de longue date Jacques Delisle, accusé du meurtre prémédité de sa femme. Elle lui aurait dite lors d'un souper chez elle, alors qu'ils étaient seuls dans une autre pièce. C'était avant qu'elle se fracture la hanche en juillet 2009, a précisé le chirurgien orthopédiste à la retraite.

«Je ne sais pas trop comment c'est venu sur le sujet», a commencé M. Carbonneau. «Elle était un peu dépressive. On le serait à moins dans son état», a-t-il ensuite analysé. L'homme de 80 ans n'avait pas cru bon de «faire quelque chose de spécial» par rapport à ces propos, croyant qu'elle ne pouvait s'enlever la vie en raison de sa paralysie du côté droit du corps. Et ce, même s'il avait remarqué qu'elle «n'était plus la même personne» depuis son AVC.

Mme Rainville, retrouvée morte d'une balle dans la tête le 12 novembre 2009, n'aurait pas donné de détail sur l'arme en question.

Preuve de la Couronne close

La Couronne ayant clos sa preuve jeudi, Marcel Carbonneau a été le deuxième témoin à être entendu par la défense, représentée par Me Jacques Larochelle. Rappelons que Me Larochelle avait, exceptionnellement, pu faire témoigner l'ex-juge Jean-Louis Beaudoin, vendredi, en raison d'un conflit d'horaire. Comme ce dernier, M. Carbonneau a louangé les soins qu'apportait M. Delisle à sa femme. «Jacques s'occupait de Nicole constamment. Je trouvais qu'il faisait du travail fantastique», a-t-il exprimé.

En contre-interrogatoire, M. Carbonneau a avoué qu'il n'avait jamais dit à personne que Mme Rainville lui avait parlé d'une arme, pas même à sa femme. «Je n'ai pas senti le besoin», a-t-il dit, en réponse au procureur de la Couronne, Me Steve Magnan. Celui-ci a alors souligné qu'il était médecin, mais qu'il ne s'était jamais inquiété que la dame se suicide. «J'ai jamais pensé que Nicole était rendue là», s'est défendu Marcel Carbonneau.

«Je serais bien mieux morte»

À l'emploi des époux Delisle depuis 2008, la femme de ménage Marjolaine Castonguay est elle aussi venue rapporter des propos suicidaires de Nicole Rainville. La dame lui aurait parfois confié qu'elle se considérait comme un «fardeau», qu'«elle trouvait ça long». Un jour, Mme Rainville aurait lâché: «Je serais ben mieux morte que d'être comme ça.»

Mme Castonguay a vu Nicole Rainville pour une dernière fois le 4 novembre 2009, huit jours avant sa mort. Elle était de retour à la maison, après deux mois de réadaptation rendus nécessaires par une fracture à la hanche. «Je suis revenue, peut-être pas pour longtemps», avait échappé Mme Rainville à la femme de ménage.

Marjolaine Castonguay a aussi expliqué que la femme de 71 ans se déplaçait toute seule dans la maison, à l'aide d'une canne. «Parfois je voulais l'aider, elle ne voulait pas.»

Lorsque Mme Castonguay arrivait pour faire le ménage, M. Delisle terminait de donner le bain à sa femme, l'aidait à s'habiller et lui faisait à déjeuner, a-t-elle exposé. Par la suite, Mme Rainville se déplaçait seule dans le salon, du fauteuil au canapé, en attendant qu'elle termine ses tâches.

En contre-interrogatoire, la femme de ménage a admis que la dernière fois qu'elle l'avait vue, Nicole Rainville n'avait pas bougé du fauteuil pendant ses heures de travail.

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