L'opération aura nécessité de nombreuses heures, l'opération se terminant vers 23h10. Les pompiers ont procédé en deux étapes : la première, pour aller chercher à l'aide de leur camion à nacelle les neuf occupants de la cabine plus basse, à quelque 40 mètres de hauteur; et la deuxième, à l'aide d'un système de poulie, où les 25 occupants ont dû se jeter les pieds dans le vide pour regagner le sol un à un. Ceux-ci se trouvaient alors à une hauteur d'une soixantaine de mètres.
C'est vers 16h que la direction du parc de la Chute-Montmorency a jugé nécessaire de faire appel aux mesures d'urgence pour procéder à l'évacuation des cabines, après avoir tenté en vain de remettre le système en marche. Le téléphérique était déjà immobilisé depuis de longues minutes.
«On a attendu presque une heure avant de savoir que la panne qui est arrivée n'était pas réparable», relate Mahboub, un Montréalais de passage à Québec avec sa famille, dont le petit Jason, un bébé de 18 mois. Le père et l'enfant ont été les premiers à descendre «en rappel», une technique semblable à celle utilisée en escalade. Juste avant, les pompiers avaient coupé des arbres sous la cabine afin de faciliter la descente.
«On a vu les pompiers et tout le monde ici. D'abord, on a cru qu'on allait être évacués de la même façon que les autres, avec le camion de pompiers, mais quand on a su que ce serait avec la corde, on a cru que ce serait un peu difficile pour nous, mais finalement c'était vraiment très sécuritaire», assure Mahboub, soulagé de retrouver sa femme au sol après que celle-ci eut aussi fait le grand saut.
Des rafraîchissements
Auparavant, deux pompiers étaient allés rejoindre les personnes dans la cabine pour les réconforter et leur offrir des rafraîchissements, le mercure ayant frôlé les 30 °C au moment où l'incident est arrivé. Mis à part quelques inconforts dus à la chaleur, les gens n'étaient pas en état de panique, soutient Simon Bolduc, porte-parole du Service de protection contre les incendies. Il fallait prévoir une quinzaine de minutes par occupant pour compléter l'opération une fois que tout a été mis en place. À 23h, il ne restait que deux personnes encore prisonnières.
Parmi les touristes malchanceux, un groupe scolaire venu du Vermont a dû faire preuve de patience afin de vaincre leur vertige. «J'ai eu moins peur que je l'aurais cru en descendant. Habituellement, j'ai peur des hauteurs, mais je pense que le harnais m'a vraiment aidée», raconte une jeune Américaine de 13 ans.
Pour d'autres, comme cette famille torontoise, l'expérience aura été somme toute assez unique en son genre. «J'ai eu peur, mais j'étais contente parce que c'était la première fois que je montais dans une nacelle de camion de pompier!» s'exclame la petite Aaalya Zaynab, qui était tout sourire à côté de son frère cadet, encore grisé de son expérience.