Procès Delisle: l'ex-juge «admiré» pour ses bons soins, selon un ami

Sur le même thème

Jacques Delisle... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

Agrandir

Jacques Delisle

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) Jacques Delisle suscitait l'admiration «de tout le monde» pour les bons soins prodigués à sa femme Nicole Rainville, après qu'elle eut été foudroyée par un accident vasculaire cérébral (AVC), en 2007.

C'est ce qu'a avancé, vendredi, le juge à la retraite Jean-Louis Beaudoin, au 10e jour du procès devant jury de Jacques Delisle, accusé du meurtre prémédité de sa femme.

Bien qu'elle n'ait pas terminé de présenter sa preuve, la Couronne a permis à la défense de faire entendre son premier témoin, en raison d'un conflit d'horaire.

Jean-Louis Beaudoin est venu à la barre pour parler de sa relation d'amitié avec M. Delisle, qu'il a côtoyé pendant 16 ans à la Cour d'appel. Tous deux ont pris leur retraite en 2009. Au fil des années, M. Beaudoin et sa femme se sont également liés d'amitié avec Mme Rainville.

Rappelons que Nicole Rainville est morte d'une balle à la tête le 12 novembre 2009. Son mari soutient qu'elle s'est suicidée.

Un «homme spécial»

M. Beaudoin n'a pas caché que Jacques Delisle est un «homme spécial, assez froid, assez renfermé sur lui-même» et qu'il n'a pas «une empathie naturelle envers les gens». «Mais vis-à-vis de sa femme, c'était tout le contraire», a-t-il précisé.

Selon l'ancien juge et professeur de droit, M. Delisle était toujours aux petits soins avec sa femme pour l'«amener à revivre la vie qu'elle avait» avant son AVC, qui l'a laissée paralysée du côté droit du corps.

M. Beaudoin s'est rappelé de la première visite qu'il avait rendue à Nicole Rainville, en mai 2007, à un centre de réadaptation de Québec. Elle s'était mise à pleurer en parlant de sa difficulté à marcher, mais il avait eu l'impression «qu'elle voulait vraiment sortir de l'état dans lequel elle était».

Dans les mois qui ont suivi, Mme Rainville lui a toutefois semblé moins combative et plus pessimiste lors d'un souper au condo du couple, à Sillery. «Elle avait réalisé que son état était définitif», a-t-il observé, en précisant qu'elle «marchait mal».

Dernière rencontre

Jean-Louis Beaudoin a vu Nicole Rainville une dernière fois en 2009, lors d'une soirée soulignant son départ à la retraite ainsi que celui de M. Delisle. «Ça va pas bien», lui aurait-elle partagé, en se désolant de ne plus pouvoir jouer au bridge. Pour lui remonter le moral, M. Beaudoin lui avait parlé d'une «machine» qui pourrait l'aider à jouer. «C'est pas ça, c'est ça», lui aurait-elle lancé, en pointant sa tête.

M. Beaudoin aurait trouvé cette affirmation «terrible» venant de la femme «attachante, vive, sympathique» qu'il avait connue.

En contre-interrogatoire, le procureur de la Couronne, Me Steve Magnan, est revenu sur le fait qu'avant de prendre sa retraite, Jacques Delisle conservait à son bureau l'arme qui a causé la mort de sa femme. Jean-Louis Beaudoin a dit l'apprendre, tout comme il ignorait que son collègue entretenait une liaison avec sa secrétaire. «Ç'a été une surprise pour moi», a-t-il affirmé, assurant ne l'avoir jamais vu avec sa maîtresse.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer