Procès Delisle: la défunte aurait pu tirer, se ravise un expert

Visiblement nerveux, l'expert en balistique Gilbert Gravel n'a... (Le Soleil, Jocelyn Bernier)

Agrandir

Visiblement nerveux, l'expert en balistique Gilbert Gravel n'a pu rejeter les hypothèses de Me Larochelle, bien qu'il ait répété à l'avocat qu'il fallait exercer une pression de six livres pour actionner la détente.

Le Soleil, Jocelyn Bernier

Olivier Parent

Olivier Parent
Le Soleil

(Québec) Après avoir exclu la thèse du suicide de la femme de l'ex-juge Jacques Delisle, l'expert en balistique Gilbert Gravel a avoué, jeudi, qu'il était possible que Nicole Rainville ait réussi à se tirer une balle avec sa seule main valide en tenant l'arme à l'envers.

Un collègue de l'expert a découvert, en juin 2011, qu'il était «faisable» de tirer de cette façon avec une main près de la tempe. Un an et demi plus tôt, Gilbert Gravel avait toutefois conclu qu'il était impossible pour Mme Rainville de tirer un coup de feu avec sa main gauche tout en la tachant de noir de fumée.

M. Gravel a quand même écarté l'hypothèse du tir à l'envers et n'en a informé le procureur de la Couronne, Me Steve Magnan, qu'au début de cette semaine.

Me Jacques Larochelle, qui défend M. Delisle, accusé du meurtre prémédité de sa femme, a profité de cet aveu pour cuisiner l'expert dans un contre-interrogatoire de près de quatre heures. M. Gravel s'est montré hésitant et parfois démuni devant les questions mitraillées par l'avocat.

À un certain moment, l'expert s'est arrêté pour lui demander d'adopter un ton «plus amical». «J'ai l'impression que je suis un élève pris en défaut et que vous me chicanez», a-t-il déploré.

Arme à la main, Me Larochelle a prouvé à maintes reprises à l'expert qu'il était «très facile» de tirer avec sa seule main gauche, en plaçant l'arme à l'envers et son pouce, derrière la crosse. Une position qui, selon la défense, ressemble à celle découverte par le collègue de M. Gravel.

Scène surréaliste

Cela a donné lieu à une scène surréaliste pendant laquelle les deux hommes jonglaient avec l'arme pour vérifier la validité de cette position de tir. «Ça ne tient pas la route», a d'abord affirmé l'expert en balistique, puisque la douille serait éjectée dans la main, alors qu'elle a été retrouvée sur la table du salon du couple. «Elle a pu être déplacée!» a lancé du tac au tac Me Larochelle.

Le procureur de la défense a continué à lui soumettre des hypothèses qui corroboreraient la thèse d'un suicide. Il a supposé qu'un tir perpendiculaire à la tempe aurait pu y former une tache de noir de fumée aussi bien qu'avec un angle, comme l'avancent les experts de la Couronne.

Me Larochelle a ensuite exposé que la balle d'un tir perpendiculaire peut dévier à l'intérieur du crâne, ce qui justifierait la trajectoire de l'avant vers l'arrière, constatée par les témoins experts.

Gilbert Gravel n'a pu rejeter totalement ces hypothèses de la défense. Il a plus tard été confronté à la présence de grains de poudre autour des taches noires obtenues avec certains tests de tir, alors que la tempe de Mme Rainville n'en présentait aucun. Il s'est défendu en disant que les grains pouvaient avoir été «essuyés» par un ambulancier pendant le transport à l'hôpital.

À la fin du contre-interrogatoire, M. Gravel a remercié les jurés de l'avoir «enduré toute la journée» et Me Larochelle, pour le «délicieux supplice», déclenchant ainsi l'hilarité générale dans la salle d'audience.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

la liste:1710:liste;la boite:91290:box

En vedette

Précédent

publicité

la boite:1608467:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Les plus populaires : Le Soleil

Tous les plus populaires de la section Le Soleil
sur Lapresse.ca
»

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

Autres contenus populaires

image title
Fermer