Malgré certaines contradictions, plusieurs témoins affirment avoir vu l'accusé, qui évoluait pour le 3 L, asséner un coup de poing au visage d'Éric Labelle du Caron et Guay, dehors, après la partie. C'est le cas du chauffeur de l'autobus de cette dernière équipe, Denis Désilets.
«J'étais debout à l'intérieur en avant de l'autobus. J'ai vu une Cadillac blanche arriver lentement. Puis Éric Labelle et un autre joueur ont mis leurs mains sur le capot. M. Brashear est sorti et a frappé Éric Labelle au visage. Il est tombé comme une poche. M. Brashear est remonté dans son véhicule et a quitté.»
Pendant son témoignage, M. Labelle a raconté qu'il jasait avec des amis lorsqu'il a vu la Cadillac de Donald Brashear arriver. «Je lui ai fait signe de la main pour qu'il ralentisse. J'ai dit "Qu'est-ce que tu fais là?" et je l'ai vu sourire. Il avait l'air de trouver ça drôle. Il m'a accoté avec son véhicule, j'ai mis mes mains sur le capot et il a continué d'avancer quand même lentement. Je ne pouvais pas me tasser, parce qu'il n'y avait pas de place. Ce n'est qu'une fois passé le devant de l'autobus que j'ai pu le faire.»
Labelle dit avoir ensuite entendu un bruit de rétroviseur qui se rabat dans sa position initiale. «Le conducteur est sorti et m'a frappé sur la joue droite. Je me suis effondré. J'essayais de me relever, mais mes sens n'obéissaient plus à mon cerveau.» Le constable au Parlement d'Ottawa a refusé d'aller à l'hôpital. «Le lendemain, je me suis mis à avoir des nausées, des maux de tête et j'ai vomi du sang. J'y suis allé et on m'a dit que j'avais fait une commotion cérébrale.»
Éric Labelle dit n'avoir jamais rejoué au hockey depuis. «J'ai une femme et trois enfants. J'ai décidé que je devais m'en occuper et que je ne voulais plus revivre de tels événements.»
Alors que l'avocat du prévenu, Me Jean-François Bertrand, a voulu faire admettre à M. Labelle qu'il était reconnu comme un «goon vicieux» qui avait obtenu un nombre important de minutes de pénalités, le juge Laforest est intervenu pour signifier au procureur que toutes les questions relatives au passé de joueur de hockey du témoin n'étaient d'aucune pertinence.
«L'événement s'est déroulé après une partie», a-t-il dit, mentionnant plus tard à Me Bertrand de ne pas poser de questions pièges.
Gaby Roch, joueur du 3 L, se trouvait aux côtés d'Éric Labelle devant le véhicule de Donald Brashear lors des événements. «J'ai pu me tasser, mais Éric n'avait pas assez d'espace de son côté. J'ai vu le coup de poing et lorsque je suis allé voir Éric, Donald Brashear a montré son poing et m'a dit: "En veux-tu une toi aussi?" Je me suis reculé. Il est remonté dans son véhicule et est parti.» Pendant les témoignages, Donald Brashear écoutait attentivement, prenant des notes et se berçant sur sa chaise.
Autre version
Si Éric Labelle dit avoir entendu un son de rétroviseur se rabattre pour en conclure que celui-ci avait frotté l'autobus, Jérome Marois, joueur du 3 L, qui se trouvait dans le véhicule de Donald Brashear, a présenté une autre version.
«Tous les joueurs se sont tassés, à part M. Labelle. Il a appuyé sur le capot en donnant des coups. Lorsqu'il s'est tassé, il a donné un coup de poing sur le rétroviseur. Donald est sorti, Labelle le regardait avec un air menaçant et Donald l'a frappé. [...] Je ne suis pas sorti du véhicule, j'avais peur. Nous avons été provoqués.»
La cause se poursuit aujourd'hui.