Accident mortel reconstitué... un an plus tard

La reconstitution à grand déploiement effectuée mercredi à... (Collaboration spéciale Steve Jolicoeur)

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La reconstitution à grand déploiement effectuée mercredi à Charlesbourg visait à «compléter la preuve» des procureurs affectés au procès de Valérie Tremblay, une infirmière auxiliaire de 25 ans accusée de délit de fuite mortel.

Collaboration spéciale Steve Jolicoeur

Jean-François Néron
Le Soleil

(Québec) La police a fait une reconstitution d'accident hors du commun mercredi soir à Charlesbourg un peu plus d'un an après qu'une automobiliste eut heurté mortellement un piéton avant de prendre la fuite.

Le 7 mai 2011, à 7h54, un passant aperçoit Sébastien Dubé, 37 ans, étendu au sol près du 490, 46e Rue Est à Charlesbourg. Grièvement blessé, il est conduit à l'hôpital où il décédera trois semaines plus tard.

Trois jours après le drame, Valérie Tremblay, une infirmière auxiliaire de 25 ans de Québec, se rend dans un poste de police de la Ville de Québec pour faire une déclaration concernant le tragique événement. Le 15 juin, la conductrice comparaît au palais de justice de Québec pour faire face à une accusation de délit de fuite mortel.

La reconstitution de mercredi est à la fois exceptionnelle et à grand déploiement. Elle devait d'abord se faire tard à l'automne, mais le froid aurait risqué de glacer la chaussée et la rendre dangereuse.

Des reconstitutionnistes en enquête collision de la Sûreté du Québec, des techniciens de l'identité judiciaire de la police de Québec et des pompiers de Québec ont participé à l'exercice.

«Le but était de reconstituer le plus fidèlement possible les paramètres de la journée de l'accident : conditions climatiques, éclairage, état de la chaussée», énumère Marie-Ève Painchaud de la police de Québec.

Un camion-échelle du service des incendies était sur place pour arroser la chaussée puisqu'il pleuvait pendant la période où est survenu l'accident.

Simulation avec photos

Dans une automobile placée sous l'échelle du camion de pompier, un appareil photographique, fixé au siège à la hauteur des yeux de la conductrice, a pris des clichés. Les enquêteurs veulent ainsi déterminer le champ de vision qui s'offrait à la conductrice lors du drame.

Celle-ci aurait dit aux policiers ne pas s'être arrêtée après l'impact parce qu'elle croyait avoir percuté un chien ou une poubelle.

Dans ce contexte, un maître-chien, une poubelle et un homme habillé de manière identique à la victime au moment de l'accident ont été placés dans l'angle de la caméra pour simuler ce que la conductrice aurait réellement aperçu le 7 mai 2011 dans les conditions climatiques décrites.

Cette reconstitution a été faite à la demande des procureurs au dossier «pour compléter la preuve», précise l'agente Painchaud. Le procès n'est pas encore commencé. L'accusée doit revenir en cour le 24 mai.

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